Université de l’Illinois à Chicago

Biennale de la langue française à Chicago

Le mercredi 2 octobre prochain s’ouvrira à Chicago la XVIII éme Biennale de la langue française (1).

J’aurai la chance d’y participer à l’occasion d’une intervention portant sur les «difficultés rencontrées par les associations dans le contentieux relatif à la loi Toubon».

Thème confidentiel s’il en est mais qui correspond néanmoins, dans notre landernau associatif, à une véritable préoccupation.

La loi du 4 août 1994 dite loi Toubon (2), version française de la loi 101 pour le Québec, répond à une volonté du législateur d’encadrer l’usage de la langue française. Est-elle ou non appliquée, c’est un vaste débat, à ressorts multiples et sans doute sujet à polémiques. Une chose est certaine, les associations, admises à se porter partie civile et qui ont ici reçu délégation pour défendre la loi devant les tribunaux, sont confrontées à de véritables difficultés dans le cadre de leur action.

Le thème peut sembler réducteur mais s’inscrit, ici sous son aspect institutionnel, dans le cadre plus général de la thématique définie cette année : «Bilinguisme, plurilinguisme : mythes et réalités. Quels atouts pour la francophonie ?».

Des écueils à éviter

Intervenir sur ce domaine ne va cependant pas de soi. Plusieurs écueils à éviter, celui de la subjectivité n’étant pas des moindres. La question est en effet de celles qui agacent considérablement le monde associatif persuadé du parti pris idéologique d’un pouvoir juridictionnel hostile par principe à cette loi. Plutôt sceptique quant à une réelle volonté de blocage et tout en même temps soucieux de mettre en avant le remarquable travail de mes partenaires, je me devrai d’être consensuel, cette communication étant avant tout destinée, dans sa forme écrite, à la magistrature.

Autre enjeu, tenant celui-ci à mon auditoire, africains et américains peu versés dans les subtilités de notre loi du 4 août ou du Code de Justice Administrative et face auxquels je serais bien inspiré d’oublier mes écrits, ma jurisprudence et autres attendus parfois obscurs, pour tenter de donner un sens plus général et plus accessible  à ma communication.

Très différente sera ma seconde intervention, programmée le même jour sur une autre table ronde où je ne ferai que de rapporter la communication d’Yves Montenay (3), absent, sur « la question du bilinguisme scolaire en Afrique francophone ». Question que, malgré des éléments de langage qui m’auront été préparés, je maitrise beaucoup moins. J’interviendrai donc ici dans un rôle plus effacé voire minimaliste de simple rapporteur.

Une opportunité à saisir

 Quoi qu’il en soit, je m’apprête à côtoyer des hommes et des femmes venus des quatre coins du monde ou peu s’en faut, malgaches, africains, maghrébins, canadiens et américains mais tous universitaires, doctorants ou enseignants, d’audience nationale  pour certains. Seul non universitaire présent, sans doute me faudra-t-il compenser certaines insuffisances découlant peut-être d’une moindre aisance et très certainement de mon inexpérience, par une approche plus pragmatique et un ton plus personnel, contrastant avec le phrasé peut-être didactique ou stéréotypé des milieux universitaires.

Il n’en demeure pas moins que ce sera l’occasion de toucher du doigt cette francophonie à l’échelle internationale que je n’ai fait jusqu’ici, à une exception près, que percevoir à travers mes lectures. Sans aller jusqu’à envisager des liens durables, il est malgré tout évident que j’attends beaucoup, pour ne pas dire énormément, de ces rencontres. L’avenir, proche maintenant, se chargera d’apporter sa réponse.

Un mot enfin pour Chicago où nous accueille Chéryl Toman, présidente de la Biennale et chef du département de littératures françophones dans cette même université.

Chicago, ville mythique s’il en est et à laquelle je m’étais promis de rendre visite.

C’est presque chose faite désormais.

Mais la vie n’est-elle pas faite d’occasions qu’il faut savoir saisir ?

 

Yvon Pantalacci / Août 2019.

 

  1. https://www.biennale-lf.org/actualites/48-actualites/293-programme-biennale-chicago.html
  2. https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000005616341
  3. https://www.yvesmontenay.fr/tag/francophonie/

 

 

 

 

 

 

Une réflexion sur “Biennale de la langue française à Chicago

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