Lexique La francophonie de A à Z

Petit lexique de la francophonie en 150 articles

La Francophonie de A à Z

J’ai entamé ce lexique voici maintenant dix mois porté par les circonstances, tout à la fois sur les conseils d’une amie et à la recherche d’une nouvelle forme d’écriture,  mais en même temps rapidement conscient des possibilités qu’offrait un tel support.

Au départ minimaliste, celui-ci ne se concevait qu’à travers des définitions au caractère essentiellement technique n’emportant aucun commentaire particulier, les concepts de lexique ou de glossaire évoquant  avant tout l’idée de ce qui est succinct. Conscient par ailleurs du fait qu’il n’existait semble-t-il aucun précédent, j’ai entrepris cette démarche, dont je me doutais qu’elle serait longue, de façon presque mécanique, didactique dirions-nous, au sens méthodique du terme.
La « CCIP », le « CECRL », le « Français sur objectifs spécifiques » ou encore l’« Indice de continuité linguistique » sont des notions importantes pour qui veut cerner l’environnement francophone mais qui n’emportent pas, dans un contexte généraliste comme celui-ci, de développements particuliers.

Il m’est cependant rapidement apparu nécessaire de m’exprimer autrement sur des sujets pivot, réclamant et méritant davantage d’explications.

Certains, « Afrique », « Canada », « Louisiane » résonneront comme une évidence en dépit de zones d’ombre ou d’images stéréotypées :

  • L’Afrique francophone certes, mais qu’en est-il réellement, de ses langues, son poids, tant démographique qu’économique, pour quels enjeux ?
  • Combien d’entre nous savent que le français est, aux côtés de l’anglais, l’autre langue officielle du Canada ?
  • Que sait-on réellement, derrière un folklore plus ou moins entretenu, du français en Louisiane ?
  • Qui sont les Cadiens ?
  • Qu’est ce que l’Acadie ?

D’autres notions sont abordées, tout aussi fondamentales et sans lesquelles notre rapport à la francophonie ne saurait être que biaisé, qu’il s’agisse de personnages, «Samuel de Champlain», de rapports, tous déterminants quant à leur impact sur les décideurs ou sur l’opinion, «Attali», «Graddol», de textes,  «Charte des droits et libertés du Canada», de concepts, «Politique linguistique », de territoires, «Chine», «Kinshasa», «Moncton» etc.

D’autres noms enfin, n’éveillant probablement aucun écho, tels que l’« Université Sainte-Anne » et son inconcevable programme d’immersion ou encore le « Lycée français de Koweït » n’ayant objectivement, quant à lui, que très peu sa place dans une approche purement comptable de l’espace francophone mais qu’il m’était impossible, pour des raisons infiniment personnelles et en souvenir des rencontres que j’y ai faites, de ne pas faire figurer dans ce lexique.

Au final ou plutôt à  ce jour, à travers ces 155 définitions ou articles si le compte est exact, une francophonie plurielle, telle qu’elle m’apparaît et telle qu’elle est réellement, j’en suis convaincu.

Aucune prétention à l’exhaustivité, le thème ne s’y prête pas,  chaque définition, chaque concept en appelant automatiquement un autre;  l’écriture ici est sans fin. Plutôt un balayage où le fait francophone est abordé, dans un contexte mondial, à travers ses aspects, géographique, historique, politique ou encore institutionnel.

Davantage qu’un monologue ou qu’une simple énumération, ce lexique se veut avant tout comme un prétexte engageant à une réflexion sur les langues, sur notre langue et l’usage qu’on en fait ainsi que sur une mondialisation dont je me refuse à croire qu’elle ne puisse se décliner qu’en une seule langue.
L’intention là encore n’était pas d’être exhaustif mais de susciter, éveiller, en un mot, faire naître le doute.

La difficulté tenait enfin, au-delà de l’aspect purement mécanique d’un glossaire, non dans la recherche d’une introuvable complétude, mais bien davantage dans celle d’un sens, d’une cohérence reposant en définitive sur l’idée d’une langue pour laquelle des gens, véritable « réseau de coeur et d’esprit » (Frédéric Pennel) se battent et se définissent, de l’Amérique du Nord à Madagascar, en passant par l’Afrique et le Proche-Orient, comme francophones.

Il appartiendra à chacun, dans cette version en ligne, d’alimenter ce lexique  en m’écrivant via ce blogue pour suggérer toute mise à jour ou ajout qu’il estimera utile.

Droits d’auteur  Yvon Pantalacci 2020 – Reproduction interdite sans autorisation préalable. Vous pouvez ponctuellement reprendre une définition du lexique à condition de citer la source comme suit  : Lexique de La Francophonie en Partage  https://yvon-francophonie.com/lexique-glossaire-francophonie/

  1. Lettre A
  2. Lettre B
  3. Lettre C
  4. Lettre D
  5. Lettre E
  6. Lettre F
  7. Lettre G
  8. Lettre H
  9. Lettre I
  10. Lettre J
  11. Lettre K
  12. Lettre L
  13. Lettre M
  14. Lettre N
  15. Lettre O
  16. Lettre P
  17. Lettre Q
  18. Lettre R
  19. Lettre S
  20. Lettre T
  21. Lettre U
  22. Lettre V
  23. Lettre W
  24. Lettre X
  25. Lettre Y
  26. Lettre Z

A comme Acadie

Acadie

Du nom même Acadie, de l’antique et très romantique Arcadie ou de l’algonquin «cadie », le lieu, personne ne connaît avec certitude l’origine.

Peu importe, les deux idées sont justes et le nom conserve toute sa magie.

Fondée en 1604 sur l’île Sainte-Croix dans l’actuel Etat du Maine, puis un an plus tard à Port-Royal, aujourd’hui en Nouvelle-Ecosse par les sieurs de Monts, Champlain, de Poutrincourt et Razilly, elle est le socle de la Nouvelle France.
Peuplée par des colons venus de Touraine, du Poitou et de Saintonge, l’Acadie, c’est « la colonisation heureuse » (Yves Montenay) : une économie prospère, un statut de neutralité entre les empires anglais et français, d’excellents rapports avec les Micmacs dont, fidèles aux principes de Champlain, ils ne convoitaient pas les terres.

Les Acadiens sont ensuite chassés puis déportés, c’est le temps du Grand dérangement et leurs descendants, les Robichaud, Babineau et autres Cormier vivent aujourd’hui au Québec, dans le Maine, en Louisiane ou en France.

De l’Acadie, que reste-t-il aujourd’hui?

  • Un territoire très inégalement réparti entre Nouvelle-Ecosse, Ile du Prince Edouard et surtout Nouveau-Brunswick autour de quelques îlots d’implantation majeurs tels que Dieppe, Caraquet et Edmunston.
  • Une communauté d’environ 400 000 personnes, exemple rare de lutte contre l’assimilation et pour l’égalité des droits, construite autour du sentiment identitaire et d’ identifiants nationaux tels que ses universités francophones, Moncton et Sainte Anne, un hymne, une fête « nationale » ainsi qu’un congrès à juste titre qualifié de mondial et qui, portée par son histoire et forte peut-être de son antériorité, cherche à exister en marge d’un Québec omniprésent et se veut, elle aussi, l’un des porte-drapeaux de la francophonie en Amérique du Nord.

« Les Acadiens sont un peuple, et un peuple est plus fort qu’un pays. Un pays est une institution, mais un peuple est plus fort qu’une institution, car il a une âme, il a des rêves, il est vivant »
(Antonine Maillet)

Voir aussi : Cadien, Canada, Champlain, Dugua de Monts (Pierre), Grand dérangement, Louisiane, Maine, Moncton, Nouveau-Brunswick, université Sainte-Anne.

Acadiane

Parmi les Acadiens déportés en 1755, trois groupes réussirent à conserver leur identité, ceux qui revinrent sur leur lieu d’exil, ceux qui s’installèrent au Québec et ceux qui furent installés en Louisiane.

Combinaison d’« Acadie » et de « Louisiane », l’Acadiane est le territoire peuplé par leurs descendants, les Cadiens, regroupé autour de 22 paroisses ou comtés sur les 64 que compte cet Etat et désignant officiellement, depuis 1971, la Louisiane francophone.
Les données fournies par les différents  recensements, que ce soit ceux des États-Unis ou du CODOFIL,  ne permettent pas d’ évaluer avec certitude le nombre de francophones  de la région.

Une chose est cependant certaine, c’est que ce territoire de forme triangulaire et situé dans la partie sud d’un Etat dont il occupe environ le tiers de la superficie, confère, par sa reconnaissance officielle, une légitimité désormais acquise au fait francophone en Louisiane.

Voir aussi : Cadiens, CODOFIL, Louisiane, Maine

ACCT ou Agence de coopération culturelle et technique

Il s’agit ni plus ni moins de l’ancêtre de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie).
Créée très exactement le 20 mars 1970 à Niamey par le nigérien Hamani Diori, le sénégalais Léopold Sédar Senghor, le tunisien Habib Bourguiba et le cambodgien Norodom Sihanouk, elle pose le principe de la langue française comme levier de coopération.

Voir aussi : Colonisation, OIF.

AEFE ou Agence pour l’enseignement du français à l’étranger

Établissement public placé sous la tutelle du ministère des affaires étrangères, l’AEFE gère, de la maternelle au lycée, 520 établissements répartis sur 139 pays pour environ 350 000 élèves. La langue d’enseignement y est le français.
Réseau d’enseignement sans équivalent, elle est considérée, à juste titre, comme un pôle d’excellence.

Voir aussi :  Enseignement du français, Fédération internationale des professeurs de français, Influence, Institut Français,  Lycée français de Koweït, Mission Laïque Française.

AFAL ou Association francophone d’amitié et de liaison

Association loi 1901 créée en 1974 par Xavier Deniau, ancien ministre de l’Outre-Mer et secrétaire général de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie. L’une des quatre associations agréées par le ministère de la culture pour exercer un droit de veille sur l’application de la loi du 4 août 1994 dite loi Toubon.

AFD ou Agence française de développement

Institution financière placée sous la tutelle des ministères des affaires étrangères et de l’économie et des finances et qui accompagne la politique française de développement. Elle intervient indirectement en appui de la langue française en co-finançant des projets portés par la Francophonie tels, par exemple, que le programme ELAN en Afrique francophone.

AFRAV ou Association francophonie avenir

Association loi 1901 dont le siège est à Manduel dans le Gard. Elle se distingue, malgré la faiblesse de ses moyens, par un combat très opiniâtre pour l’application de la loi Toubon devant les tribunaux. A son actif, quelques procès remportés devant la justice administrative, notamment contre L’Université  Paris Sciences et Lettres («Research University ») en septembre 2017 et l’établissement public Sèvres et Limoges (« Sèvres Outdoors ») en janvier 2019.

Son président est Régis Ravat.

Voir aussi : Loi du 4 août 1994 dite loi Toubon

Afrique

Pour sa partie subsaharienne, le poids de l’Afrique dans le monde francophone n’est plus à démontrer :

  • 22 pays ayant le français comme langue officielle
  • Une croissance globale de 3,9 % par an contre 2,2 en 2018 pour le reste de l’Afrique subsaharienne,
  • Un poids démographique propulsant les capitales africaines, Kinshasa en tête, parmi les plus grandes villes francophones du monde.

C’est d’ailleurs sur l’Afrique que reposent les prévisions les plus optimistes portant la population francophone à près de 770 millions à l’horizon 2060, évolution conditionnée par le développement concomitant de la maîtrise du français et par les progrès réalisés en matière de scolarisation et d’alphabétisation.
De façon plus indirecte, le poids de l’Afrique est tel que le français langue des affaires y est perçu comme une réalité incontournable par des multinationales pourtant originaires de pays non francophones tels que le Danemark  ou à plus forte raison la Chine, pays formant leurs employés mais également leurs cadres à une communication en français naturellement considérée comme essentielle.

De façon beaucoup moins palpable mais non moins essentielle et pouvant échapper à l’analyse, on pourra également souligner la façon dont elle semble parfois jouer un rôle de levier ou de contrepoids. C’est ce que l’on constate et les différents témoignages sur ce point sont concordants, dans certaines régions considérées comme périphériques.
Citons plus exactement l’exemple de la Nouvelle-Angleterre et notamment du Maine où l’Afrique, par son poids migratoire, semble accompagner le renouveau du fait francophone ainsi, plus surprenant peut-être, celui du Saskatchewan aux confins de l’ouest canadien où elle joue, par les mêmes mécanismes, un rôle de stabilisateur au profit d’ une communauté fransaskoise pourtant ultra-minoritaire.
C’est également le cas du Liban mais dans un tout autre contexte, à travers l’irruption sur l’échiquier linguistique d’une communauté chiite très liée à une Afrique francophone sur laquelle elle est fortement implantée et venant peut-être compenser une récente désaffection de la jeunesse chrétienne pour notre langue.

Voir aussi : Côte d’Ivoire, ELAN, Kinshasa, langues africaines, Liban,  Nouchi, République Démocratique du Congo ou RDC, Saskatchewan, Université Senghor.

AIMF ou Association internationale des maires francophones

Réseau d’élus locaux de plus de 265 villes dans 49 pays créée en 1979 à l’initiative des maires de Paris et de Québec.
Espace d’échanges et de réflexion, l’AIMF soutient des projets portant sur la santé ou le développement durable. Le maire de Paris en est traditionnellement le président ce qui rend d’autant plus consternant le slogan « Made for Sharing » choisi par  l’actuelle municipalité pour soutenir la candidature de Paris 2024 aux Jeux Olympiques.

ALF ou Avenir de la langue française

Association loi 1901 créée en 1992. L’une des quatre associations agréées par le ministère de la culture pour exercer un droit de veille sur l’application de la loi du 4 août 1994 dite Loi Toubon. Elle est notamment à l’origine de l’intégration à la constitution de l’article 2 « Le français est la langue de la République » et du projet de la maison de la francophonie à Villers-Cotterêt.

Son président est Philippe Kaminski.

Algérie

Une seule langue officielle pour ce pays de 38 millions d’habitants, l’arabe littéraire ou classique.
A ses côtés, d’autres langues, l’arabe dialectal, le berbère et le français, dans un contexte que d’aucuns qualifient de « guerre des langues ». Le français est néanmoins ici la véritable langue seconde, langue de fait de l’administration, de l’enseignement supérieur, des médias et surtout de l’entreprise. Nœud de crispation sur fond de décolonisation et d’identité religieuse, il est tout en même temps considéré comme nécessaire par l’essentiel de la population.

Voir aussi : Colonisation,  Diglossie, Guerre des langues

Alliance française

L’Alliance française est une fondation de droit privé reconnue d’utilité publique ayant pour mission la promotion de la langue et de la culture françaises. Présente dans 133 pays à travers 800 agences, elle accueille chaque année près de 490 000 inscrits. Elle est l’un des moteurs de l’enseignement du français à l’étranger.
Depuis les années 2000 le réseau poursuit sa croissance notamment en Chine qui compte, si l’on inclut Taïwan, 19 Alliances à ce jour.

Voir aussi : AEFE,  CIEP, Enseignement du français, Fédération internationale des professeurs de français, Institut Français, Mission Laïque Française

Anthropologie linguistique

Étude qui analyse l’influence de la langue sur la vie sociale.

Plus précisément appliquée à l’anglicisation, théorie développée  par le linguiste Pierre Frath à travers laquelle sont mis  en avant les ressorts collectifs  inconscients par lesquels un groupe tend à s’approprier la langue de domination :

« Auto-dénigrement de sa propre langue, croyance en la nécessité de l’apprentissage de cette autre langue pour faire carrière, inconscience collective des conséquences, suivisme et conformisme …  Mécanismes par lesquels ces croyances finissent par s’auto-justifier, augmentant ainsi le mouvement vers le changement ».

Voir aussi : Frath (Pierre)

Amirshahi Pouria (rapport)

Né en Iran en 1972, journaliste, militant syndical et associatif, il est notamment député de la neuvième circonscription des Français établis hors de France (Afrique du Nord et de l’Ouest) de 2012 à 2017. C’est à ce titre qu’il remet, en janvier 2014, à la commission des affaires étrangères de l’Assemblée Nationale un rapport d’information sur la «Francophonie éducative, culturelle et économique».

Ce document, qui précède de quelques mois le rapport remis par Jacques Attali au président François Hollande a le grand mérite, à travers la notion d’espaces linguistiques qu’il définit comme « structurants », d’aborder, avec une particulière acuité, la francophonie à travers les enjeux que sont la jeunesse, l’Afrique ou le numérique.

Il se démarque cependant du rapport Attali par un ton engagé et particulièrement critique à l’égard de la « désinvolture » de nos classes dirigeantes.

Voir aussi : Attali Jacques, Carrère Céline (rapport), Espace linguistiques, Visa francophone.

APF ou Assemblée parlementaire de la Francophonie

Assemblée consultative, elle regroupe des élus issus des assemblées législatives de l’ensemble des états membres de l’O.I.F. Elle met en œuvre des actions dans le domaine de la coopération internationale, cours de français pour les fonctionnaires, traduction de sites Internet et mène des travaux de réflexion sur l’espace économique francophone ou la place du français dans les organisations internationales.

Attali Jacques (rapport)

Rapport remis au président François Hollande en août 2014 et axé, autour de ses 53 propositions, sur la notion de francophonie économique à laquelle il accorde une place prépondérante, voire novatrice. Ce rapport vaut également pour sa présentation de la notion de francophilie définie comme un espace d’échange à part entière.

En évoquant le souhait d’une « Union économique francophone », J. Attali va au-delà des conclusions de Céline Carrère et Maria Massod dans leur rapport sur le «Poids économique de la langue française dans le monde» dont il s’inspire.
De toute évidence, l’un des rapports majeurs sur la francophonie, tant en raison de la personnalité de son auteur, que par la façon dont il introduit désormais la notion d’économie dans la réflexion francophone.

Voir aussi : Amirshahi Pouria, Carrère Céline, Espace économique francophone, Francophonie économique, Visa francophone.

AUF ou Agence universitaire de la Francophonie

L’AUF est l’un des quatre opérateurs de l’Organisation Internationale de la Francophonie. Elle regroupe 944 universités, départements ou grandes écoles utilisant la langue française répartis sur 116 pays.
Elle est à ce jour le plus important réseau universitaire au monde.

Voir aussi : Fédération internationale des professeurs de français, OIF

B comme Bibliothèque des Amériques

Bibliothèque des Amériques

Créée en 2014 par le Centre de la Francophonie des Amériques, elle vise à rendre la littérature francophone des Amériques accessible. S’appuyant sur un fonds de  plus de 12 600 livres, elle  a généré, depuis sa création, plus de 69 000 prêts numériques. Propose également une « zone pédagogique » destinée aux enseignants en français langue première, seconde ou langue étrangère.

Biennale de la Langue Française

Association fondée en 1963 par Alain Guillermou et regroupant essentiellement des enseignants et chercheurs issus du milieu universitaire. Une accréditation officielle lui permet de bénéficier d’un statut consultatif auprès de l’OIF. Elle organise tous les deux ans des colloques internationaux. Le dernier en date s’est déroulé à Chicago du 2 au 5 octobre 2019 sur le thème «Bilinguisme, plurilinguisme : mythes et réalités. Quel atout pour la francophonie ? ».

Sa présidente actuelle (déc 2019 ) est Chéryl Toman, professeur de littérature francophone à l’université de Cleveland dans l’Ohio.

Voir aussi  :  Fédération internationale des professeurs de français (FIPF)

Bilinguisme institutionnel

54 pays sont recensés comme étant officiellement bilingues.
Dans 44 d’entre eux, soit 81 %, ce sont l’anglais, l’arabe et le français qui jouissent de ce statut.
Pour ce qui est du français, cette co-officialité s’étend à tous les continents à l’exception de l’Asie, avec des résonances et des enjeux propres à chaque territoire, comme les difficultés de cohabitation entre Flamands et Wallons en Belgique, la place des langues africaines en Afrique subsaharienne, la reconnaissance d’un bilinguisme de fait au Canada ou celles des spécificités purement locales au Vanuatu.

Voir aussi : Langue officielle, Plurilinguisme

Boutros Boutros-Ghali

Homme d’état et universitaire égyptien diplômé des universités du Caire, de la Sorbonne et de l’Institut d’Eudes Politiques de Paris. Il a été notamment le 6ème secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) ainsi que, de 1997 à 2002,  le 1er secrétaire général de l’OIF. Décédé le 16 février 2016 au Caire.

Bourguiba Habib

Artisan de l’indépendance, premier président de la République tunisienne, de 1957  jusqu’à sa destitution en 1987, il est tout en même temps l’un des fondateurs de l’Agence de Coopération Culturelle et Technique (ACCT), ancêtre de l’OIF.

 C comme Cadien

 Cadien 

Population francophone de Louisiane originaire de l’Acadie et dont les ancêtres ont été déportés entre 1755 et 1763 lors du « Grand dérangement ».

Malgré une politique d’assimilation et un système éducatif  très longtemps répressifs, l’identité cadienne est aujourd’hui reconnue  et engagée dans un véritable renouveau.
Le terme « cadien » (préféré au « cajun » employé par les anglophones et jugé péjoratif) désigne désormais non plus simplement les personnes d’ascendance acadienne mais l’ensemble des Louisianais de culture ou d’héritage francophone.

Voir aussi : Acadie, Acadiane, CODOFIL, Grand Dérangement, Louisiane

Calvet Louis-Jean

Sociolinguiste français d’audience internationale né en 1942 à Bizerte.

A travers une théorie générale visant à « construire une linguistique qui prenne pleinement en compte l’aspect social de la langue » (sic), il propose, tout au long de ses recherches et de ses productions, une approche géo linguistique dynamique  associée à une vision véritablement planétaire peut-être sans équivalent.

Ainsi définit-il en 1999, ce qu’il qualifie de « versant linguistique de la mondialisation » à travers la notion de « modèle gravitationnel », organisation quadridimensionnelle et pyramidale conçue autour d’une langue « hypercentrale », l’anglais, autour de laquelle gravitent des langues dites       « supercentrales », arabe, chinois, espagnol, français notamment, puis « centrales » et enfin           «périphériques».
Il conçoit également en 2012 et dans une démarche similaire, un   «baromètre des langues» proposant comme indicateur non plus simplement le nombre de locuteurs, mais un ensemble de 11 facteurs parmi lesquels le nombre de pays admettant une langue comme officielle, le taux de traduction ou encore de pénétration par Internet. Ce baromètre, évolutif (contrairement aux autres baromètres existants) et qui fait désormais référence, positionnait la France au 3ème rang derrière l’anglais et l’espagnol en 2012 et au 2ème, derrière l’anglais mais devant l’espagnol, en 2017.

On doit également à Louis-Jean Calvet le terme de «glottophagie», néologisme appliqué à un comportement qu’il qualifie à l’époque (1974) d’impérialiste mais que l’on peut étendre aujourd’hui, dans un contexte plus large de « guerre des langues » dont il s’est fait l’un des théoriciens, à l’ensemble des cas d’interférence entre langues dominantes et langues dominées.

Voir aussi : Colonisation, Diglossie, Frath Pierre, Institut Européen d’Administration des Affaires, Modèle gravitationnel.

Campus

Établissement public créé en 2011 et placé sous la tutelle du ministère des affaires étrangères et du ministère chargé de l’enseignement supérieur. Ses principales missions sont la promotion du système d’enseignement supérieur français à l’étranger et l’accueil des (330 000) étudiants étrangers en France.

Voir aussi : Enseignement supérieur

Canada

Sur les 35,1 millions d’habitants que compte le Canada, 8 millions soit 22,8 %, sont francophones. Ils se concentrent essentiellement dans le Nouveau-Brunswick (33% de la population soit 240 000 personnes), le Québec bien sûr (88 % de la population soit 7 millions) ainsi que l’Ontario (4,7 % de la population soit 622 415 personnes).

Trois provinces respectivement bilingue, unilingue francophone et unilingue anglophone mais membre-observateur de l’OIF et dans lesquelles le fait francophone ne peut être remis en cause.
Il n’en est pas tout à fait de même pour les 200 000 francophones restants placés à quelques exceptions près, Nouvelle-Écosse et Manitoba, en position ultra minoritaire et dans un équilibre parfois précaire.
Le caractère officiellement bilingue du Canada est pourtant consacré par les Lois sur les langues officielles de 1969 et 1988 ainsi que par la Loi constitutionnelle de 1982 dite Charte des droits et libertés qui affirme notamment, dans son article 16, le principe d’égalité des deux langues, anglaise et française.

Partant de là et en dépit des incertitudes et difficultés vécues au quotidien, le grand mérite des franco-canadiens est d’avoir fait de leur langue une langue non seulement reconnue mais également désormais considérée  par l’ensemble des observateurs comme «rentable» sur le plan économique.

Voir aussi : Acadie, Charte des droits et libertés du Canada, Lois du 30 juillet 1974 et du 23 août 1977, Moncton, Montréal, Nouveau-Brunswick, Ontario, Politique linguistique, Québec, Saskatchewan, Université Saint-Anne.

—  Voir également dans ce même lexique  l’intervention consacrée au contentieux lié à l’application de la loi Toubon et son introduction abordant notamment les actions en justice intentées sur le fondement de l’article 16 de la Charte  —

Carrère Céline (rapport)

Céline Carrère est directrice de recherche à la FERDI et professeur d’économie à l’université de Genève.

Elle est l’auteur avec Maria Masood, docteur en économie dans cette même université, d’un rapport paru en décembre 2012 sur le «Poids économique de la langue française dans le monde»  dont les conclusions ont notamment alimenté le rapport Attali et joué un rôle précurseur dans la notion désormais acquise de francophonie économique.
L’étude part du postulat selon lequel ce qu’elles définissent comme la «proximité linguistique» stimule les flux commerciaux, notamment par l’abaissement des coûts de transaction et de communication.
Elle démontre ensuite, à travers une analyse du poids de l’espace francophone dans la richesse mondiale, en quoi l’appartenance à cet espace influe sur la hausse du revenu moyen par habitant ainsi, mais à un degré moindre, que sur la réduction du taux de chômage.

Voir aussi : Attali (rapport), Amirshahi Pouria (Rapport), Espace économique francophone, Francophonie économique

Cartier, Jacques

Il est loin d’avoir eu l’impact de Samuel de Champlain sur le peuplement et le devenir francophone en Amérique du Nord.

L’ironie de l’histoire a néanmoins voulu que son nom soit davantage retenu, sans doute parce qu’il fut le premier découvreur du Canada en 1535, sous le règne de François 1er. Il découvre, sur un site qu’il baptise Mons Realis, le site de la future Montréal qui ne sera fondée qu’un siècle plus tard, en 1642.

Voir aussi : Champlain (Samuel de), Du Gua de Monts (Pierre)

Cavelier de la Salle, René-Robert

Explorateur français ayant descendu l’Illinois et le Mississippi et pris possession en 1682, au nom de Louis XIV, d’un territoire qu’il nomme Louisiane et qui couvre, du Golfe du Mexique à l’actuel Canada, le tiers central des actuels États-Unis.

L’une des rues principales de Chicago  porte aujourd’hui son nom.

CCIP ou Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris Ile de France

Établissement public ayant pour rôle de représenter les intérêts des entreprises auprès des pouvoirs publics.

Très présente dans l’enseignement et la formation, elle est particulièrement active sur le plan international, notamment dans le domaine de la francophonie économique dont elle est l’un des précurseurs et l’un des principaux opérateurs. Elle a développé, parallèlement, dans le domaine de l’évaluation et de la certification, deux outils internationalement reconnus, le « diplôme de français professionnel » (DFP) et le « Test d’Évaluation de Français » (TEF).

Voir aussi : Test de connaissance du Français (TCF) et Test d’Évaluation de Français (TEF)

CECRL ou Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues

Outil conçu en 2001 par le conseil de l’Europe et établissant une échelle de compétence langagière faisant apparaître trois niveaux généraux subdivisés en six niveaux communs (de A1 à C2).

Voir aussi : Test de connaissance du Français (TCF) et Test d’Évaluation de Français (TEF)

Centre de la Francophonie des Amériques

Fondé en 2006 par le gouvernement du Québec, il a vocation à coordonner et animer les réseaux francophones et francophiles d’Amérique du Nord.
Par les programmes qu’il met en place, bibliothèque des Amériques, parlement francophone des jeunes des Amériques notamment  ou auxquels il participe, tels  le réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique, il apparaît comme l’un des acteurs majeurs de la francophonie sur le continent nord-américain.

Voir aussi : Parlement francophone des jeunes des Amériques, Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique ou RVFFA

CEQFAN ou Centre d’Étude du Québec et des Francophonies d’ Amérique du Nord

Centre d’étude et de conférences visant à une meilleure connaissance des sociétés francophones en Amérique du Nord. Propose des recherches d’ordre littéraire, sociologique ou linguistique sur le Québec ou tout autre communauté francophone du Canada, des États-Unis ou des caraïbes.

CERMF ou Centre d’Étude et de Réflexion sur le Monde Francophone

Créé par Ilyes Zouari, le CERMF propose des analyses et des données chiffrées particulièrement pertinentes sur l’évolution, notamment économique et démographique,  du monde francophone.

Cerquiglini Bernard

Linguiste français né en 1947. Il a été notamment délégué à la langue française et aux langues de France et recteur de l’Agence Universitaire de la Francophonie.

Voir aussi : AUF

Certification

On entend par certification l’ensemble des procédés de reconnaissance officielle des acquis linguistiques dans une langue étrangère.

Avec près de 600 000 certifications annuelles et des tests reconnus à l’échelle internationale, la France se situe au deuxième rang mondial d’un marché désormais  porteur et en plein développement. Tests et diplômes sont gérés essentiellement par la chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP) et le centre international d’études pédagogiques (CIEP) qui occupent l’un et l’autre une position dominante.

Chaîne chinoise CGTN-Français

Chaîne de télévision chinoise francophone lancée en 2007.
Intégrée, aux côtés de ses équivalents en langues anglaise, arabe et espagnole, dans un programme ambitieux d’expansion internationale des médias chinois contrôlé par l’État communiste. Elle est à ce jour diffusée dans 87 pays avec une attention récente et tout à fait particulière pour le continent africain.

Voir aussi : Chine, Chaîne russe R.T, France 24, France Médias Monde, TV5 Monde, Wuhan, Yantai.

Chaîne russe R.T

Chaîne russe d’information francophone lancée en décembre 2017.
Déclinaison en français de la télévision publique russe R.T qui émet par ailleurs dans les autres grandes langues internationales, anglais, arabe et espagnol.

Elle émet depuis le siège de R.T France à Paris et, malgré les réserves du gouvernement français qui lui reprochent son manque d’objectivité, elle envisage aujourd’hui de se développer en Afrique francophone.

Voir aussi : Chaîne chinoise CGTN-Français, France 24, France Médias Monde, TV5 Monde

Champlain (Samuel de)

Ne nous y trompons pas, il est celui grâce auquel on parle aujourd’hui français en Amérique du Nord.

Marin, cartographe, rêveur infatigable et accessoirement délégataire du bon Roy Henri IV pour « l’avancement de notre puissance et autorité », il pose, aux côtés de Pierre Du Gua de Mons, le socle de la Nouvelle France en 1604 sur l’île Sainte-Croix dans l’actuel Etat du Maine, puis un an plus tard à Port-Royal, aujourd’hui en Nouvelle-Écosse.
Il fonde Québec en 1608 où il meurt le 25 décembre 1635, après plus de 30 traversées de l’atlantique et en ayant toujours défendu l’idée d’une présence française en Amérique du Nord fondée sur le respect mutuel et le métissage.

« Les Français n’étant plus ici, la terre n’était plus la terre, la rivière n’était plus la rivière, le ciel n’était plus le ciel,  mais au retour du sieur Champlain, tout était retourné à son être, la terre était devenue terre, la rivière était devenue rivière et le ciel avait paru ciel ».
(Chef huron. 1633 – cité par David Hackett Fisher dans « Le rêve de Champlain »)

Voir aussi : Acadie, Cartier (Jacques), Du Gua de Monts

Charte des droits et libertés du Canada
Intégrée à la constitution canadienne et entrée en vigueur le 17 avril 1982, elle renforce la Loi sur les langues officielles de 1969.
Vaut notamment pour son article 16 qui affirme le principe du statut égal des deux langues officielles du Canada : « Le français et l’anglais sont les langues officielles du Canada; ils ont un statut, des droits et des privilèges égaux quant à leur usage dans les institutions du parlement et du gouvernement du Canada».

Voir aussi : Canada, Nouveau-Brunswick, politique linguistique.

Chine

Intégrer la Chine dans une réflexion consacrée à la francophonie peut sembler surprenant.

Il est pourtant difficile de ne pas la considérer comme l’un des enjeux de la francophonie de demain, que ce soit à travers les conséquences d’une implantation en Afrique de plus en plus remarquée ou un positionnement très clairement affirmé sur le champ linguistique tel que cela apparaît à travers la multiplication des Instituts Confucius, largement compensée il est vrai par celle des Alliances Françaises en territoire chinois.
L’une des questions essentielles portera cependant sur le choix, stratégique et de principe, qui sera fait par la Chine : soit celui de l’adoption de l’anglais y compris en interne, soit, tel que cela semble se confirmer dans l’ensemble de l’Asie, celui du maintien de sa langue et donc du mandarin comme vecteur privilégié de travail et de communication.

Voir aussi : Alliance Française, Chaîne chinoise CGTN-Français, Wuhan, Yantai.

CIEP ou Centre National d’études Pédagogiques

Établissement public créé en 1945 et placé sous la tutelle du ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. Sans doute le premier opérateur de l’État dans le domaine de l’enseignement et de diffusion de la langue française. Intervient notamment dans le domaine de la certification en assurant la gestion des diplômes nationaux et des tests de connaissance du français ainsi qu’en appui à l’enseignement du français langue étrangère (FLE), que ce soit en France ou à l’étranger.

Voir aussi : AEFE, Certification, Enseignement du français, Voir aussi : Test de connaissance du Français (TCF) et Test d’Évaluation de Français (TEF).

CIR ou Contrats d’Intégration Républicaine

Parcours d’intégration personnalisé proposé à tout étranger admis pour la première fois en France et souhaitant s’y maintenir. Défini par la  loi du 7 mars 2016 relative au droit des étrangers en France et mis en œuvre par le ministère de l’intérieur, le C.I.R,  précédemment contrat d’accueil et d’intégration (C.A.I), prévoit une formation civique et linguistique. Depuis mars 2018, la délivrance d’une carte de résident est désormais conditionnée à l’obtention du niveau A2 du C.E.C.R.L contre un niveau  A1 précédemment.
La langue, objectivement perçue comme vecteur d’intégration.

Circulaires

Notes d’organisation interne adressées par un chef de service aux directions dont il a la charge.

Appliquées plus strictement à la francophonie, il s’agit de quelques textes majeurs (Circulaires Ayrault du 25 avril 2013 et Annick Girardin, ministre de la fonction publique du 1er octobre 2016) rappelant, notamment dans un contexte international et sur le fondement de l’article 2 de la Constitution de 1958 (« La langue de la République est le français ») les administrations à leur devoir d’exemplarité en matière d’usage de la langue française.
La circulaire Ayrault précitée est à ce titre particulièrement probante. Elle rappelle aux agents de l’État l’importance de s’exprimer en français dès lors qu’une interprétation est assurée. Elle encourage, si ce n’est pas le cas, à s’exprimer dans la langue de l’interlocuteur. Elle souligne à quel point le choix de la langue peut affecter la capacité à exprimer et défendre efficacement son point de vue et ses intérêts.

Voir aussi : Collectivités, Constitution du 4 octobre  1958, Intercompréhension entre langues apparentées, Langue constitutive

Classes d’immersion

Avec ses quelque 130 millions d’apprenants, le français est la deuxième langue la plus enseignée.

Parmi l’ensemble des dispositifs existants, les classes d’immersion retiennent particulièrement l’attention : 1,5 million d’élèves inscrits en sections bilingues francophones dans 48 pays, une demande en hausse constante et une augmentation du nombre d’élèves d’environ 3 % chaque année.
Le principe est simple, faire une partie de ses études et ce dès le plus jeune âge, dans une autre langue que la sienne.
Les mérites du dispositif, qui ne s’arrête évidemment pas à l’enseignement du français, ne sont plus à démontrer : acquisition de compétences linguistiques, ouverture d’esprit, meilleure agilité cognitive, encouragement à l’interculturalisme.

Le concept est apparu en 1965 au Québec et s’est progressivement étendu à l’ensemble du Canada avec aujourd’hui plus de 370 000 élèves soit 8 % de la population scolarisée.
Si l’ensemble des provinces connaît la même courbe de progression, c’est dans l’Ontario qu’elle se manifeste avec le plus d’impact, avec plus de 10 000 inscrits chaque année, « la quantité d’inscriptions en immersion dépassant (dans certains quartiers de Toronto) celle des élèves inscrits dans les programmes d’anglais courant». (Association canadienne des professionnels d’immersion)
Le phénomène est plus tardif aux Etats-Unis où, avec 28 000 élèves inscrits en 2016 dans 27 Etats, les sections bilingues francophones se classant troisièmes derrière l’espagnol et le mandarin.
L’Espagne, l’Egypte ou le Vietnam avec respectivement 38 000, 37 000 et 13 000 élèves, connaissent, pour ne citer qu’eux, des évolutions similaires.

Face à une demande grandissante, les classes d’immersion francophones, victimes de leur succès, doivent aujourd’hui faire face à trois enjeux majeurs, ceux de la pénurie d’enseignants qualifiés, de la pérennisation des acquis, le fameux « Parler français en dehors de la classe » et après l’école mais également de la pérennisation des programmes et du toujours difficile équilibre entre politiques budgétaires et politiques éducatives.

Voir aussi : AEFE, Canada, Enseignement du français, Fédération internationale des professeurs de français, influence, Ontario.

CODOFIL ou Conseil pour le Développement du Français en Louisiane

L’une des institutions les plus originales de la francophonie.

Agence de l’État de Louisiane pour la promotion de l’usage du français initiée par le député James Domengeaux et  créée en 1968  pour « faire tout ce qui est nécessaire pour encourager le développement, l’utilisation et la préservation du français tel qu’il existe en Louisiane pour le plus grand bien culturel, économique et touristique de l’État ».
Le CODOFIL intervient notamment dans la gestion des programmes de mobilité offerts aux enseignants francophones provenant de France, du Canada ou d’Afrique et intégrant soit les programmes d’immersion soit les cursus d’enseignement du français langue seconde (FLES).

Voir aussi :  Acadiane, Cadiens, Louisiane

Collectivités

Entre indifférence et désinvolture, on ne peut pas dire que l’Etat français manifeste un intérêt majeur pour sa langue.

Attitude étonnante d’ailleurs pour l’un des rares pays doté d’une véritable politique linguistique. Etonnante et tout autant ambivalente, voire ambiguë, faite d’instructions (Circulaires Ayrault ou Girardin) et tout en même temps de « dérapages » et non-respect de règles qu’il a lui-même fixées. Et sur ce point les exemples abondent d’interventions en anglais de la part des ministres, alors même qu’un système d’interprétation est prévu ou, mieux encore, qu’ils se trouvent en pays francophone.
Tout se passe comme si le français n’était pas l’affaire de l’Etat, ou si peu.
Et comme par un phénomène de compensation, on assiste depuis une trentaine d’années à ce qui ressemble étrangement à  une inversion des rôles avec, à l’image  d’un Québec propre moteur de sa politique internationale, des collectivités et en premier lieu des régions, bien décidées à prendre une place considérée comme vacante. Le renforcement de leurs pouvoirs d’intervention économique tel qu’il découle des lois de décentralisation n’y est certainement pas étranger. Mais une prise de conscience associée à une vision plus pragmatique des intérêts locaux s’avère certainement tout aussi déterminante.

Et l’on voit nos régions, groupées autour d’une Association Internationale des Régions Francophones (AIRF) désormais incontournable, développer et conclure des partenariats aux quatre coins du monde, Europe, Amérique du Nord, Afrique et Asie et mettre en oeuvre les orientations stratégiques d’une francophonie économique dont chacun s’accorde à dire aujourd’hui qu’elle est devenue essentielle.

Voir aussi : circulairesconstitution du 4 octobre 1958, francophonie économique, Gérin Lajoie, Québec, Yantai.

Colonisation

Entre réécritures de l’histoire, passions, rancoeurs et idéologies, la colonisation est sans doute le point de crispation essentiel autour du fait francophone.

Il est vrai qu’on peut difficilement occulter le rôle de la théorie de la langue dans une entreprise coloniale que d’aucuns, à l’image de Louis-Jean Calvet, qualifient d ‘«organisation de la diglossie».
Le fait qu’aujourd’hui encore certaines langues africaines, lingala, swahili notamment, ne soient pas considérées comme des langues internationales mais comme des langues dites simplement     « véhiculaires » ou plus communément « africaines » de doit-il pas d’ailleurs être considéré comme la survivance d’une hiérarchisation des langues caractéristique de cette époque ?
Epoque, très récente encore, où les langues locales, qu’elles soient africaines ou régionales, étaient il est vrai systématiquement exclues du champ linguistique.

Il conviendrait en contrepartie de ne pas oublier que l’actuelle Francophonie n’a été créée qu’après l’indépendance par des chefs d’État nigérien, sénégalais, tunisien et cambodgien et que le français langue officielle et langue d’enseignement n’a été adopté par les ex-colonies que de leur propre initiative. Une exception cependant, la Guinée de Sékou Touré, seule à avoir voté « Non » au référendum proposé par le général de Gaule en 1958 et, contrairement à tous les autres pays africains, à avoir promu des langues africaines, peul, malinké et soso notamment, au rang de langues nationales utilisées notamment dans l’enseignement.

Il est par ailleurs difficile d’occulter le fait qu’il existe peu de langues, de l’anglais au portugais ou au français en passant par le nahuatl (langue des Toltèques), le malinké (langue de l’empire du Mali) ou le sarakolé (langue de l’empire du Ghana) qui ne soient imposées autrement que par l’expansion militaire.

On peut enfin se demander sur un autre plan et si l’on veut bien considérer la France comme le pays dans lequel l’entreprise francophone est la moins bien perçue et la plus ignorée, dans quelle mesure ce passé colonial, source de remords ou de repentir, ne pourrait être responsable, ne serait-ce que partiellement, du regard posé par les Français eux-mêmes sur leur propre langue.

Voir aussi : ACCT ou Agence de coopération culturelle et technique, Calvet Louis-Jean, Diglossie, Langues africaines.

Commission d’enrichissement de la langue française

Réseau d’experts et de responsables de la politique linguistique des pays francophones placé sous l’autorité du premier ministre et de la DGLFLF. A pour mission première de créer des expressions et des termes  nouveaux afin de combler les lacunes de notre vocabulaire et désigner en français les concepts et réalités qui apparaissent sous des appellations étrangères. Alimente le site  France Terme et publie chaque année un rapport adressé au Parlement. C’est à elle que l’on doit par exemple les termes d’atelier collaboratif ou de cybermonnaie.

Voir aussi : DGLFLF, France terme

Constitution du 4 octobre 1958

En introduisant dans la Constitution (article 2) le désormais fameux : « La langue de la République est le français », l’Assemblée nationale consacre le statut officiel du français.

Nous sommes en 1992, plus exactement le 12 mai et la France s’apprête à ratifier le traité de Maastricht d’intégration européenne synonyme de disparition de la monnaie nationale. Nombre de parlementaires désirent ainsi marquer leur attachement à la langue par un symbole fort et sur ce point, la représentation nationale est (pour l’instant) unanime. Elle le sera encore quelques mois plus tard au moment de faire adopter par l’Union européenne le principe d’exception culturelle. On sait ce qu’il adviendra de cette belle unanimité pour qui garde en mémoire l’extrême virulence ayant accompagné, l’année suivante, les débats sur la loi Toubon.

Seize ans plus tard, dans un tout autre contexte et de façon infiniment plus discrète, profitant de la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, un groupe de parlementaires fait adopter l’article 87 de notre loi fondamentale : « La République participe au développement de la solidarité et de la coopération entre les Etats et les peuples ayant le français en partage ». Bien peu d’échos pour un amendement  n’ayant occasionné que des débats mesurés et une disposition au caractère pourtant fondamental, l’intégration historique de la notion de Francophonie dans la Constitution.
En clair, en donnant une existence constitutionnelle à la Francophonie, la République s’engage en faveur de la langue française et de l’espace francophone.

Voir aussi : Exception culturelle, Loi du 4 août 1994 dite loi Toubon, Loi du 30 juillet 1974, politique linguistique .

Côte d’Ivoire

Avec ses 25 millions d’habitants et une croissance annuelle de 8,6 %, elle est la première économie d’Afrique subsaharienne francophone et constitue l’une des économies les plus dynamiques du monde.

Voir aussi : Afrique,  Espace économique francophone, Kinshasa, Nouchi, République Démocratique du Congo ou RDC.

Créole

Difficile de ne pas intégrer le créole dans une réflexion sur la francophonie tant créole et français sont étroitement liés.

Un créole, langue d’appropriation devenue langue internationale, parlée par plus de 10 millions de locuteurs sur deux continents, langue officielle d’Haïti, ainsi, qu’à un degré moindre, des Seychelles, forte de ses propres espaces linguistiques, moteur de sa propre économie et de ses propres mécanismes.
Langue infiniment proche du français par sa base lexicale mais d’une richesse infinie, en mal de reconnaissance,  en quête de normalisation et d’une improbable écriture.

Une langue, en dépit d’une intercompréhension aux contours parfois incertains, véritablement mondiale, portée par des écrivains majeurs tels Maryse Condé ou Dany Laferrière lesquels, même s’ils écrivent en français, ne font que retranscrire l’écho d’une même culture  et par des sons, des rythmes immémoriaux ou d’un genre nouveau, Groca, Zouk, Kompa et qui, eux, ne se conçoivent qu’en créole.

D comme Devoir (le)

Devoir (le)

Quotidien d’information de langue française dont le siège est à Montréal, fondé en janvier 1910 par Henri Bourassa et publié à près de 500 000 exemplaires.

Il est, tel qu’il se décrit lui-même à l’heure de son 110ème anniversaire :
« un journal pas comme les autres, car il s’est toujours défini comme une partie prenante de cette merveilleuse aventure qu’est celle de la continuité d’une nation francophone en terre d’Amérique, une nation singulière par sa langue, sa culture, ses  institutions, son identité ».

DGLFLF ou Délégation générale à la langue française et aux langues de France

La « délégation générale à la langue française et aux langues de France » est un service rattaché au ministère de la culture. A pour mission d’animer la politique linguistique de la France, tant pour ce qui est de la langue française que des langues régionales. Remet chaque année au parlement un rapport très complet « sur l’emploi de la langue française ». La  difficulté essentielle tient cependant à son positionnement qui ne lui permet pas de répondre de façon satisfaisante à sa mission ou vocation «interministérielle».
Positionnement très représentatif d’ailleurs de la place dévolue à la francophonie dans la hiérarchie des missions de l’État.

Diglossie

Empruntée au grec δίγλωσσος (littéralement deux langues) et introduite en 1959 dans la terminologie linguistique par le linguiste américain Charles Ferguson, la diglossie désigne la coexistence au sein d’une même communauté de deux variétés de langue génétiquement apparentées, l’une baptisée « variété haute » et l’autre « variété basse », inscrites dans des relations hiérarchiques et assumant des fonctions spécialisées dans des domaines d’emploi différents.
« Deux variétés d’une langue dont l’une est valorisée, normée … mais parlée par une minorité et l’autre est péjorée mais parlée par le plus grand nombre » (Louis-Jean Calvet).

Ferguson s’appuie, dans sa démonstration, sur quatre situations qu’il considère comme exemplaires, la Suisse allemande (avec la coexistence de l’allemand et du suisse allemand),  l’Egypte (avec la coexistence de l’arabe classique et de l’arabe dialectal), la Grèce (grec démotique et grec « épuré ») et Haïti.
Appliquée à l’espace francophone, la diglossie est une réalité qu’il est impossible d’ignorer et que l’on rencontre par exemple en Algérie mais également et peut-être surtout en Haïti où français, associé aux notions de prestige et de pouvoir et créole, d’usage oral et informel, en quête de reconnaissance et de normalisation, coexistent à des degrés sensiblement différents.

Cette notion de diglossie a été, depuis les travaux de Ferguson, reprise par de nombreux linguistes, notamment l’américain Joshua Fishman et le français Louis-Jean Calvet précité qui en ont, notamment pour ce dernier, considérablement élargi le domaine d’application.

Voir aussi : Algérie, Calvet Louis-Jean, Colonisation, Haïti.

Diouf Abdou

Homme d’État sénégalais, il succède à Léopold Sédar Senghor et devient le deuxième président de la république du Sénégal en 1981. Succède également à Abdou Diouf à la tête de l’OIF dont il est le secrétaire général de 2002 à 2010.

DLF ou Défense de la Langue Française

Association loi 1901 créée en 1958. L’une des quatre associations agréées par le ministère de la culture pour exercer un droit de veille sur l’application de la loi du 4 août 1994 dite Loi Toubon.  Président Xavier Darcos.

Droit de Comprendre

Centre de compétence créé en 1994 et regroupant les associations Avenir de la Langue Française et Défense de la Langue Française afin de coordonner les moyens mis en œuvre dans le cadre des actions contentieuses engagées pour le respect de la loi du 4  août 1994 dite Loi Toubon.

Du Gua de Monts (Pierre)

Moins connu que Samuel de Champlain, saintongeais comme lui, il est celui qui lui ouvre la voie vers l’Amérique du Nord.
«Lieutenant général (d’Henri IV) en Amérique septentrionale», il fonde en 1600 le comptoir de Tadoussac puis installe en 1604, avec les sieurs Champlain, de Poutrincourt et de Tonnetuit, la première colonie française en Acadie sur l’île Sainte Croix, dans l’actuel État du Maine, qu’il déplace l’année suivante à Port-Royal, dans l’actuelle Nouvelle-Écosse.
Il finance en 1608 une nouvelle expédition qu’il confie à Champlain lequel fonde, le 3 juillet de la même année, la ville de Québec et poursuivra, à partir de cette date, l’action colonisatrice de Du Gua et l’installation française sur les rives du Saint Laurent.

Voir aussi : Cartier Jacques, Cavelier de la Salle, Champlain 

E comme ELAN

ELAN ou École et langues nationales en Afrique

En Afrique subsaharienne francophone le français est en général langue d’enseignement alors que l’élève, bien souvent, ne le connaît pas encore. L’entrée à l’école constitue donc pour l’enfant une rupture radicale avec ses habitudes linguistiques.

D’où l’idée de faciliter sa scolarité en intégrant, de façon progressive, un enseignement bilingue, notamment dans les cycles préscolaires et primaires. C’est l’enjeu du programme ELAN piloté par l’OIF et mis en place en 2011 pour promouvoir l’usage conjoint des langues africaines et du français ainsi que la qualité de l’enseignement en Afrique.

Cette idée simple se heurte cependant, confrontée à la pratique, à de considérables difficultés d’application.
Ecueils tenant au choix de la langue tout d’abord tant est grande la marge entre des expérimentations locales, toutes satisfaisantes et une généralisation à l’échelle du pays. La difficulté pourrait être levée par un accueil dans la ou les langues nationales dont la compréhension semble générale, ce qui demande néanmoins à être relativisé, surtout  pour les tous jeunes enfants.
A cela s’ajoute d’autres obstacles, d’ordre technique ou éducatif, tenant à la disponibilité du matériel pédagogique ainsi qu’à la formation des maîtres.
Enfin et peut-être surtout s’agira-t-il de vaincre une réticence, plus ou moins déclarée, des parents, pour lesquels le français, langue officielle unique, reste la langue ouvrant la voie à l’épanouissement tant professionnel que social.

Citons cependant comme précédent et pour l’impact qu’elle eut sur l’ensemble du continent, la réforme introduite en 1968 par Sékou Touré visant à promouvoir les langues nationales de Guinée, peul, malinke, soso, loma notamment, comme langues d’enseignement. Expérience ambitieuse, puisque reposant sur la division du pays en huit, puis six zones linguistiques et riche d’enseignements mais qui ne survivra pas à la disparition du chef de l’Etat en 1984.

Voir aussi : Afrique, Enseignement du français, Fédération internationale des professeurs de français (FIPF), Langues africaines, Plurilinguisme

Enjeux

Ce serait aujourd’hui faire preuve de naïveté que ne pas considérer la langue comme un levier de pouvoir et sur ce terrain, le moins que l’on puisse dire est que les enjeux sont largement sous-estimés.

Les Acadiens des comtés de Dieppe, Moncton ou Madawaska parleront de survie, ce qui est très exactement le cas pour eux. Nous nous contenterons de les qualifier d’ économiques et tout en même temps de culturels, les deux notions se confondent (la France n’est-elle pas en matière de production éditoriale la seconde langue traduite ?), géopolitiques mais également et pour une large part, militaires.
A moins qu’on ne déplace le curseur sur le terrain, tout aussi essentiel, de la crédibilité ou encore de la diversité, ce besoin « d’autre chose » …

Voir aussi : Grin (rapport), Guerre des langues, Protocole de Londres sur la non-traduction des brevets européens

Enseignement du français

Bien que cela recouvre des réalités et des acquis très différents, une chose est certaine, avec ses quelque 130 millions d’apprenants dont 80 millions l’ayant comme langue d’enseignement, le français est la deuxième langue la plus enseignée.
Il se positionne ainsi loin derrière l’anglais, mais également loin devant les autres langues que sont l’allemand, l’espagnol et le portugais.
Un enseignement dont l’originalité tient, outre sa généralisation, au fait d’être enseigné dans la quasi-totalité des systèmes éducatifs et qui, compte tenu toutefois de la croissance démographique et de l’augmentation du taux de scolarisation, continue à progresser de façon notable et a presque doublé en 30 ans.

Voir aussi : AEFE, ELAN, Fédération internationale des professeurs de français, Lycée français de Koweït.

Enseignement supérieur

L’un des points d’achoppement et l’une des contradictions du discours francophone contemporain.

Si le modèle universitaire français (au 3éme rang dans le monde en termes d’accueil d’étudiants étrangers et au 1er pour l’accueil d’étudiants dans une langue autre que l’anglais) demeure l’un des plus attractifs, c’est en même temps dans ce domaine que la tentation de l’anglicisation, autrement dit de l’enseignement exclusif  en anglais, est la plus forte avec les brèches ouvertes par la loi Fioraso du 22 juillet 2013 et l’interprétation qui en est faite ainsi que par la réforme du Code de l’éducation de 2016.
Car c’est précisément dans ce secteur, celui de la recherche et de l’enseignement supérieur, bien davantage que dans la publicité, l’entreprise ou la création culturelle, pourtant lourdement impactées, que les conséquences de l’anglicisation seraient, par leur effet sur la capacité à produire de la connaissance et par là même à penser la modernité, le plus dramatique.
Les effets néfastes, constatés dans toute l’Europe du Nord, Danemark, Pays-Bas, Suède notamment et maintenant en Allemagne sont pourtant connus et largement identifiés : perte de terminologies, de domaine, de mémoire, baisse du niveau d’enseignement.

Les enseignants et chercheurs, à l’origine de ces amendements, justifient cependant le recours à l’anglais par son caractère attractif et la reconnaissance internationale découlant du nombre de publications. C’est oublier cependant une étape essentielle, celle de la création qui, comme chacun le sait, ne se construit véritablement que dans sa propre langue. Et pour ne s’en tenir qu’à l’enseignement en anglais dans nos grandes écoles ou départements universitaires, jouer sur le terrain de l’autre n’est jamais à son avantage, sans omettre le caractère très ambigu du message ainsi adressé aux 330 000 étudiants étrangers ayant fait le choix de notre enseignement.

Voir aussi : Intercompréhension entre les langues, Langue constitutive, Loi Fioraso.

Espace économique francophone

Partant du principe que « l’effacement progressif des frontières nationales impose d’autres critères d’appartenance identitaire », J. Attali,  dans son rapport remis à F. Hollande en août 2014, définit la notion d’ « espace géolinguistique économique de la francophonie ». Espace  incluant notamment, outre les 84 pays membres de l’OIF, les pays francophones non membres de l’OIF (Algérie), les pays où une proportion de la population parle le français (Israël) et les pays qu’il définit comme  « francophiles » c’est à dire ayant un intérêt économique à apprendre le français (Nigeria).
L’ensemble  représente 16 % du PIB mondial avec un taux de croissance moyen de 7 %. L’enjeu est évident et rejoint la notion de francophonie économique reprise  dans ce même lexique.

Voir aussi : Afrique, Attali (rapport), Carrère Céline (rapport), Côte d’Ivoire, Francophonie économique, Québec, Zone Economique Exclusive (ZEE).

Espace linguistique

Comme bien d’autres, la notion d’espace linguistique est une notion aux contours mouvants pour laquelle il n’existe pas de définition unique.
Une approche mixte peut être retenue  englobant les dimensions «politico-administrative» laquelle  s’attache au caractère officiel de la langue (définition de l’ODSEF) et « démo-linguistique » qui privilégie le nombre de locuteurs, généralement fixé à une fraction significative, soit 20 % de la population (définition de la FERDI) .
Une telle approche permettait, début 2019, d’estimer la population francophone à un peu plus de 500 millions d’habitants répartis sur les 33 pays dans lesquels on peut «vivre en français», compte non tenu des territoires non francophones de pays comme la Belgique, la Suisse ou le Canada.
De façon plus générale et pour ne s’en tenir qu’au rapport Attali, il serait hasardeux de ne pas considérer cette notion d’espace linguistique comme l’une des notions-clef de la géopolitique mondiale.
A côté ou à l’ombre des géants que sont les espaces anglophone, arabophone, francophone et hispanophone, d’autres espaces existent (néerlandophone, créolophone …) correspondant chacun à une réalité, tant économique que culturelle, tout à fait tangible.

Voir aussi :  Attali (rapport), Observatoire démographique et statistique de l’espace francophone ou ODSEF, Zone Economique Exclusive (ZEE).

Exception culturelle

Principe défini, à l’instigation de la France, par l’Union européenne en 1993 et reposant sur l’idée que la création culturelle ne constitue pas un bien marchand comme les autres. Son commerce doit être protégé par des règles autres que celles de la seule loi de marché. Elle est, dans ses dispositions relatives à la chanson ou aux productions cinématographiques francophones, l’un des fondements de la loi du 4 août 1994 dite loi Toubon.

Voir aussi : Constitution du 4 octobre 1958, Loi du 4 août 1994 dite loi Toubon

F comme Fédération internationale des professeurs de français

Fédération internationale des professeurs de français (FIPF)

Accréditée auprès de l’OIF, soutenue par les ministères de l’éducation nationale et des affaires étrangères, la FIPF fédère 200 associations regroupant 80 000 membres, enseignants de français langue maternelle, seconde et étrangère dans plus 120 pays.

A travers l’animation d’un réseau conséquent s’appuyant notamment sur un maillage territorial articulé, de l’Amérique latine à l’océan Indien, autour de huit commissions et  une revue, « Le français dans le monde », elle a pour objectifs essentiels la diffusion des cultures francophones ainsi que le développement de l’ enseignement du français dans le monde.
Elle organise tous les quatre ans un  congrès mondial rassemblant près de 2000 enseignants, chercheurs et autres acteurs engagés dans l’ enseignement du français, le XV éme congrès, initialement prévu en Tunisie en juillet de cette même année sur le thème « Le français langue de partage » ayant dû être, pour des raisons évidentes, reporté sur le même site en juillet 2021.

A n’en pas douter, aux côtés de l’Alliance française, l’AEFE, l’AUF ou la CCIP, l’un des principaux relais  de l’enseignement du français.

Voir aussi : Alliance française, AEFE, AUF, CCIP, classes d’immersion, ELAN, enseignement du français.

Fédération Wallonie-Bruxelles

Aux côtés des communautés flamande et, à un degré moindre sur le plan démographique, germanophone, l’une des trois communautés fédérées de Belgique. Elle ne désigne donc pas un territoire mais une communauté de personnes d’environ 5 millions d’habitants regroupés, en Wallonie et dans la ville de Bruxelles (située en territoire flamand), autour d’une langue commune. Protégée par une politique linguistique très volontariste, notamment la loi du 8 novembre 1962, équivalent pour la Wallonie des lois du 26 août 1977 dite loi 101 pour le Québec et du 4 août 1994 dite  Toubon pour la France.

Voir aussi : Loi du 8 novembre 1962

FFA ou Forum Francophone des Affaires

Réseau international d’entreprises visant à fédérer et assister les acteurs dans l’espace économique francophone.
Intervient notamment sur un certain nombre d’axes prioritaires tels que les normes ou le dépôt des brevets.
L’un des acteurs privilégié de la francophonie économique.
Président Steve Gentili.

Voir aussi : francophonie économique

FLE ou Français Langue Étrangère

Terme générique désignant l’apprentissage de la langue française à des apprenants non francophones, en France ou à l’étranger.

FOS ou Français sur Objectifs Spécifiques

Formation de courte durée visant à développer des compétences professionnelles. Le FOS se distingue du champ général d’apprentissage du français langue étrangère (FLE) par son caractère ponctuel (il obéit généralement à une notion d’urgence), par le public (professionnels) auquel il s’adresse et par la démarche pédagogique qu’il met en œuvre.

FOU ou Français sur Objectifs Universitaires

Programme de formation permettant aux apprenants d’acquérir les compétences langagières nécessaires à la réussite de leurs études universitaires.

France Médias Monde

France Médias Monde est une société nationale de programmes créée en 2008 afin de coordonner les activités des radios et télévisions publiques à diffusion internationale détenues par l’Etat français.
Elle fédère trois entités : une chaine de télévision, France 24 et deux chaines de radio, Radio France Internationale (RFI) et Monte Carlo Doualiya (MCD). Forte d’un budget de 254 millions d’Euros et employant plus de 1 700 agents, elle a pour mission d’offrir en plusieurs langues une vision française de l’actualité internationale tout en assurant la promotion de la culture francophone dans toute sa diversité.

Voir aussi : Chaîne chinoise CGTN-Français, Chaîne russe R.T, France 24, Radio France Internationale, TV5 Monde.

France 24

Née de la volonté de Jacques Chirac de donner à la France une voix à l’étranger face aux concurrentes américaine (CNN), britannique (BBC) et qatarie (Al Jezeera). Chaîne de télévision française d’information internationale créée en 2005, elle est, depuis 2012, une chaîne de la société France Médias Monde. Suivie chaque semaine par près de 55 millions de téléspectateurs, elle diffuse en français, anglais, arabe et espagnol à travers plus de 180 pays.

Voir aussi : Chaîne chinoise CGTN-Français, Chaîne russe R.T, France Médias Monde, Radio France Internationale, TV5 Monde.

France terme 

Site internet franceterme.culture.fr consacré aux termes recommandés par la commission d’enrichissement de la langue française et publiés au Journal officiel de la République française. Il comporte une base terminologique de plus de 7 500 termes français dans différents domaines, notamment scientifiques et techniques.

Voir aussi : Commission d’enrichissement de la langue française

francophonie

Au sens strict, l’ensemble des pays dans lesquels on peut se déplacer, circuler et travailler en français. 33 si l’on veut être exact, sans tenir compte des 12 départements, territoires et collectivités d’outre-mer.
Ainsi définie et entendue strictement, la francophonie représentait, début 2019, un espace d’un peu plus de 500 millions d’habitants. Espace s’étendant sur près de 16 millions de km2, soit près de quatre fois l’Union européenne auquel peut s’ajouter la « zone économique exclusive » (ZEE) de la France, la première au monde avec près de 11 millions de km2.

Dans un sens plus large ou plus intuitif, on parlera d’une communauté basée sur la langue, voire, pourquoi pas, d’une certaine conscience de soi.

Voir aussi : Espace économique francophone, Espaces linguistiques, Visa francophone, Zone Economique Exclusive (ZEE).

Francophonie

Avec un « F » majuscule, la Francophonie est ici entendue dans un sens technique ou institutionnel.
On parle alors de l’ensemble des institutions qui la représentent, essentiellement réunies autour de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et de ses opérateurs, sans négliger leurs transpositions locales ou nationales, telles qu’elles existent notamment en France ou en Amérique du Nord.

Voir aussi : OIF, Québec.

Francophonie économique

La notion de plus en plus incontournable. Rares sont dorénavant les écrits ou prises de parole qui n’y font pas allusion.
La francophonie économique s’appuie sur l’idée que le partage d’une même langue entre plusieurs pays augmente leurs échanges et leur croissance. Bien qu’une réflexion sur ce volet ait été engagée dès les années 1980 à l’initiative du Québec, il semble que depuis quelques années et notamment le sommet de Dakar et le rapport Attali, l’idée fasse à nouveau son chemin et ce même si l’appareil d’État semble être le seul, paradoxalement, à ne pas s’y intéresser.

Voir aussi :  Amirshahi Pouria (Rapport), Attali (rapport), Collectivités, Espace économique francophone, Carrère Céline (rapport)

 Francophilie

La francophilie regroupe l’ensemble des pays dans lesquels le français n’est pas langue officielle, mais où il est parlé par moins de 20 % de la population ou ayant un intérêt économique et culturel à son enseignement.
C’est notamment le cas de pays situés au voisinage d’une zone francophone, tels que le Nigeria et le Ghana. Rejoint la notion, dans l’esprit de Jacques Attali, de francophonie économique à laquelle elle est associée à travers le concept de « francophilophonie économique ».

Voir aussi : Attali (rapport)

Frath Pierre

Linguiste français, professeur émérite à l’université de Reims.
On lui doit des développements d’une rare pertinence sur « l’anglicisation comme phénomène anthropologique » à travers lesquels il étudie les phénomènes consistant à   « adopter l’anglais comme langue principale en lieu et place de la langue locale ».
Il établit notamment une échelle des langues, parallèle à celle définie par Louis-Jean Calvet et dans laquelle il distingue les langues « patrimoniales », transmises par le milieu familial et la communauté locale, les langues « nationales », telles que nous les connaissons et celles qu’il qualifie d’« universelles », anglais, allemand, français ou encore russe, seules en mesure d’exprimer toutes les connaissances de la modernité.
Le propre de l’anglicisation, nous dit-il, étant cependant de transformer les langues universelles existantes, ce fut le cas du suédois, c’est aujourd’hui celui de l’italien et de l’allemand, en langues nationales non universelles à travers lesquelles il n’est déjà plus possible, pour certaines, de penser la modernité.

Voir aussi : Anthropologie linguistique, Calvet Louis-Jean.

G comme Gérin Lajoie

Gérin Lajoie (doctrine)

La doctrine Gérin-Lajoie est à la politique internationale du Québec ce que la loi 101 est à sa politique linguistique, c’est-à-dire, par le jeu d’une même transposition, l’affirmation d’une identité propre.

Énoncée pour la première fois le 12 avril 1965 par Paul Gérin-Lajoie, vice-premier ministre du Québec, lors d’un discours prononcé devant le corps consulaire de Montréal et donc devant des dignitaires étrangers, elle énonce la volonté du Québec d’être un acteur de la scène internationale dans ses domaines de compétence constitutionnelle. La portée en est considérable puisque le Québec s’arroge désormais une légitimité propre, «prolongement international de (ses) compétences internes», indépendamment de celle du Canada.
Depuis lors et avec ses 33 représentations implantées dans 18 pays, le Québec ne cesse de s’ affirmer sur la scène internationale à travers la valorisation de sa spécificité linguistique ainsi qu’une diplomatie économique considérée dorénavant comme une priorité.

Voir aussi : Canada, Collectivités,  Montréal, Francophonie économique, Québec

Grand Dérangement

Jamais le mot « euphémisme » n’aura été mieux employé.

Grand Dérangement est le nom donné, très pudiquement, à la déportation de la population acadienne organisée, suite au traité d’Utrecht et au refus d’allégeance envers la couronne britannique, entre 1755 et 1763. Environ 10 000 acadiens sont déportés, leurs maisons brûlées, les familles séparées. Des milliers d’entre eux meurent de maladie ou de faim. Les survivants sont déportés en France, dans les colonies anglaises ou dans les Caraïbes. Ce sont leurs descendants qui vivent aujourd’hui en Acadie et dans les comtés francophones de Louisiane. On comprendra mieux dès lors le sens donné aujourd’hui à leur combat identitaire.

Depuis 2005, le 28 juillet est devenu jour officiel de commémoration de ce que l’on nommerait aujourd’hui « génocide » ou « épuration ethnique ».

Voir aussi : Acadie, Louisiane, Moncton

Graddol (rapports)

Aucune réflexion sur la francophonie ne peut se permettre d’ignorer ou sous-estimer cette étude effectuée, à la demande du British Council par le linguiste britannique David Graddol.

Deux rapports, « The future of english » et « Next english » publiés respectivement en 1997 et 2006 et qui, bien que non traduits, ont eu et ont toujours un impact considérable auprès de nos élites et par voie de conséquence sur l’opinion à travers l’idée qu’elle peut se faire de sa propre langue. Phénomène de juxtaposition déjà observé (Surveylang, Education First …) sur la pensée anglo-saxonne, même et surtout si elle nous est défavorable, alimentant ainsi le sens commun et accréditant l’idée d’une langue française en déclin.
L’étude, qui a pourtant le mérite de s’attaquer la première à une synthèse globale de la place des langues dans le monde, est cependant très intéressée et s’emploie à sous-estimer  la situation du français comme de ses autres concurrents d’ailleurs, l’espagnol et le mandarin. Elle s’appuie pour cela sur des postulats erronés, excluant par exemple totalement l’Afrique francophone  ou occultant, avec la « théorie des trois cercles », la dimension internationale du monde francophone.

Voir aussi : Kachru (Braj)

Grin (rapport)

Rapport établi en 2005 par François Grin, économiste et professeur à l’université de Genève sous le titre «L’enseignement des langues étrangères comme politique publique» et à travers lequel il aborde l’enseignement des langues non sous l’angle pédagogique, mais, comme son nom l’indique, sous celui des politiques publiques.

Le fil conducteur s’oriente autour de ce que F. Grin définit comme des « scénarios » possibles, « tout-à-l’anglais » (scénario 1), plurilinguisme (scénario 2) et, à un degré moindre esperanto (scénario 3) qu’il considère rapidement comme «impraticable à court terme».
La grande originalité de cette étude  qui fait toujours référence, tient cependant dans le fait qu’y sont chiffrés « les transferts nets dont bénéficient les pays anglophones du fait de la préséance de l’anglais ». Compte-tenu d’indicateurs tels que les économies réalisées dans la traduction ou l’enseignement des langues ou les avantages indirects induits de la position dominante que permet une négociation dans sa propre langue, le rapporteur évalue (en 2005) ce gain à plus de 17 milliards d’Euros annuels, soit 1 % du P.I.B du Royaume-Uni.
Sa conclusion le conduit logiquement à proposer, pour des raisons d’équité et comme stratégie de long terme, le scénario numéro 2, autrement dit le plurilinguisme.

Voir aussi : Enjeux, Plurilinguisme, Protocole de Londres sur la non-traduction des brevets européens, Union Européenne

Groupes des ambassadeurs francophones

Groupes, formels ou informels, réunissant les représentants des États et gouvernements membres et observateurs de l’OIF, qu’ils soient accrédités auprès d’une organisation internationale ou d’un État.
Ces  réseaux, en visant à un meilleur équilibre linguistique au sein des organisations internationales, se révèlent être des relais très précieux pour l’action de la Francophonie.
On en compte aujourd’hui 43 et si l’appellation «Groupe des ambassadeurs francophones» est la plus employée, d’autres dénominations existent comme le «Conseil de la promotion de la Francophonie» au Japon ou le «Cercle des ambassadeurs francophones» en Chine.

L’exemple le plus probant du rôle joué par ces «ambassadeurs» est celui d’Haïti ayant fait entériné, en 2013, l’adoption du français comme langue officielle de la Communauté Caribéenne (CARICOM) aux côtés de l’anglais.

Voir aussi : Influence

Guerre des langues

Le terme n’a rien d’excessif pour qui comprend et admet les enjeux qui en découlent. Nullement ressentie en France où elle se joue sur d’autres terrains, économiques et culturels ainsi que dans les couloirs de l’Union Européenne.

Elle répond ailleurs à une réalité beaucoup plus tangible, que ce soit dans une Belgique divisée par les rivalités entre Flamands et Wallons, en Ontario sur fond de combat de la minorité francophone pour la reconnaissance de ses droits, ou en Algérie sur fond de tensions religieuses et sociales et de rancoeurs post-coloniales, entre arabe littéral, dialectal, berbère et français.

Voir aussi : Enjeux, Ontario, Modèle gravitationnel, Politique linguistique, Protocole de Londres sur la non-traduction des brevets européens

H comme Hagège

Hagège, Claude

Né à Carthage en 1936, professeur honoraire au Collège de France, maîtrisant plus d’une dizaine de langues, il est le linguiste français le plus médiatisé. Ses  travaux sur le bilinguisme et  la promotion de la diversité à travers laquelle il s’oppose fermement à la domination de l’anglais font désormais référence.

«Imposer sa langue, c’est imposer sa pensée».

Haïti

État de la Caraïbe d’environ 8,5 millions d’habitants, l’un des plus pauvres sinon le plus pauvre du monde. État bilingue ayant le français et le créole comme langues officielles.
L’une et l’autre coexistent cependant à des niveaux très différents dans un contexte que l’on peut qualifier de diglossique : le français, parlé par environ 10 % de la population, langue de la Constitution et de l’administration et le créole, français par sa base dialectale, langue maternelle de la majorité des Haïtiens, d’usage oral et informel, en quête de normalisation.

Voir aussi : Diglossie

I comme Indice de continuité linguistique

Indice de continuité linguistique

Également nommé indice de vitalité linguistique, il évalue la capacité d’un groupe à intégrer des populations ayant une langue maternelle différente.
Se calcule en établissant le rapport entre les effectifs d’une langue d’usage et ceux d’une autre langue maternelle. Notamment appliqué au Canada afin d’y observer l’évolution des tendances démographiques entre anglophones, francophones voire allophones et rendre ainsi compte des différents degrés d’assimilation linguistique.

Influence

Bien que récemment élargie à d’autres concepts, notamment économique mais également militaire, la politique d’influence d’un pays comme la France est, comme bien d’autres d’ailleurs, historiquement organisée autour de la langue.

Cette notion d’influence, étroitement liée à celle de Francophonie s’appuie, autour des consulats, missions laïques, Instituts ou Alliances Françaises, Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), sans omettre bien entendu l’OIF, sur un réseau sans équivalent. Mais c’est peut-être l’Agence pour l’Enseignement du Français à l’Étranger (AEFE) et ses 520 établissements répartis sur 139 pays, qui, de par sa vocation d’excellence et disons-le, élitiste, cristallise le mieux l’idée que l’on peut se faire d’un réseau, réseau constitué en l’occurrence d’anciens élèves destinés à occuper, dans la quasi-totalité des pays, des postes-clef dans le monde des affaires, de la politique, de la diplomatie ou encore des médias.
On notera d’ailleurs que  les baromètres les plus récents privilégient dorénavant dans leurs classements des langues la notion d’influence parmi les indicateurs retenus.

Voir aussi : AEFE, classes d’immersion,  groupes des ambassadeurs francophones, Lycée Français de Koweït.

Institut européen d’administration des affaires (INSEAD)

École privée de management créée par Olivier Giscard d’Estaing en 1957 sur le modèle américain d’administration des affaires, établie sur trois sites, Fontainebleau, Singapour et Abou Dabi, régulièrement classée numéro 1 mondial et proposant un enseignement en langue anglaise, l’institut européen d’administration des affaires n’a a priori qu’un lointain rapport avec la francophonie.
Sauf qu’en 2016, Kai Chan, professeur associé à l’INSEAD, publie les résultats de recherches portant sur la création d’un nouvel instrument de classement des langues. Comparable dans sa démarche au « baromètre Calvet », celui-ci retient non pas le nombre de locuteurs en données brutes mais bien davantage le critère d’influence à travers des indicateurs tels que, notamment, la situation géographique et la puissance économique.
Référencé sous le nom de « baromètre de l’institut européen d’administration des affaires », il positionne le français au 3ème rang, derrière l’anglais et le mandarin. Difficile dans ces conditions de ne pas parler de convergence, Kai Chan partageant le constat établi par Jacques Attali sur l’atout économique de la francophonie et aboutissant aux mêmes conclusions, tout comme il établit un niveau identique à celui de Calvet qui positionnait le français au 3ème rang en 2012 et au 2éme en 2017.

Voir aussi: Calvet (Louis-Jean), Espace économique francophone

Institut Français

Établissement public placé sous la tutelle du ministère des affaires étrangères et du ministère de la culture. Présent dans près de 100 pays à travers 118 agences, il a pour mission la promotion de la culture et de l’enseignement du français.

Intercompréhension entre langues  apparentées  (I.C) 

L’intercompréhension entre langues apparentées est une forme de communication permettant à chacun de comprendre la langue de l’autre et de s’exprimer dans la langue qu’il maîtrise. Elle repose notamment sur la grande similitude entre langues de la même famille et sur la constatation qu’il est plus facile de comprendre une langue qui appartient à celle que l’on parle déjà plutôt qu’une autre.

L’idée n’est pas nouvelle mais désormais conceptualisée et adaptée notamment à l’espace francophone, l’intercompréhension entre langues apparentées est une compétence professionnelle reconnue, exploitée notamment par les universités de Reims, Aix en Provence, Rome, Salamanque et Lisbonne.
La circulaire Ayrault du 25 avril 2013 qui fixe le cadre de la communication des agents de l’État dans un contexte international en préconise également, bien que sans la citer, très officiellement l’usage.

Cette théorie qui s’appuie ni plus ni moins que sur une évidence et repose une véritable équité dans le dialogue ainsi que sur un échange direct et plus respectueux de la forme de pensée de chaque interlocuteur, est aujourd’hui reprise par les tenants d’un véritable pluralisme à l’échelle européenne.
Le principe est simple, si l’on exclut le grec, l’albanais ou le hongrois considérées comme des isolats, les langues nationales européennes appartiennent à trois familles linguistiques : latine, germanique et slave. La méthode ayant démontré qu’un francophone pouvait comprendre les autres langues latines en quelques dizaines d’heures, il suffit aux européens d’apprendre une langue des  familles qui ne sont pas celles de leur langue maternelle et travailler ensuite les techniques de l’intercompréhension.

L’exclusivité de l’anglais serait alors remplacée par une variété de langues et de cultures plus en rapport avec le pluralisme linguistique, tel qu’il est érigé en modèle.

Voir aussi : Circulaires, Enseignement supérieur, Pluralisme.

Internet

L’une des études les plus récentes, le rapport dit Funredes (Fundación Redes y Desarrollo) considérait, en 2017, le français comme la 4ème langue d’Internet derrière l’anglais, le chinois et l’espagnol. D’autres baromètres, peut-être moins récents et retenant d’autres indicateurs, le placent en 5ème voire en 8ème position.
Au-delà de ces divergences, sommes toutes factuelles, une tendance apparait qui se confirme d’année en année : le recul de l’anglais qui, d’une présence écrasante, 80 % de l’ensemble dans les années 2000, ne représente plus que 25 % du total environ, recul accompagné par la progression de langues telles que l’arabe, l’espagnol ou le français.
A noter que pour ce dernier et malgré la faiblesse actuelle de la production en Afrique, il est permis d’anticiper sur une nette amélioration au fur et à mesure de l’équipement du continent africain, amélioration qui ne pourra que bénéficier au français ainsi peut-être qu’à quelques grandes langues africaines telles que le wolof ou le yorouba.

Voir aussi : langues africaines

J comme Jean

Jean (Mickaëlle)

Canadienne d’origine haïtienne née en 1957 à Port-au-Prince. Après une brillante carrière de journaliste, elle occupe, de 2005 à 2010, la fonction de gouverneure générale du Canada, devenant ainsi la première Noire à ce poste. En 2015, succédant à Abdou Diouf, elle devient la première femme secrétaire générale de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie). Candidate à sa propre succession en 2018, son mandat n’est pas reconduit et elle cède sa place à la rwandaise Louise Mushikiwabo.

Jeune Afrique

Hebdomadaire africain de langue française fondé à Tunis en 1960 et édité aujourd’hui à Paris. Diffusé à près de 55 000 exemplaires, il traite de l’actualité africaine sous tous ses aspects, politiques, économiques, sociaux et culturels.

Jeux de la francophonie

Rencontres culturelles et multi-sports organisées depuis 1987, les jeux de la francophonie rassemblent tous les 4 ans une moyenne de 4 000 sportifs et artistes issus des 88 États et gouvernements membres de l’OIF.

Après Rabat et Casablanca, Paris, Antananarivo, Ottawa et Hull, Niamey, Beyrouth, Nice et enfin Abidjan, ce sont les comtés de Dieppe et Moncton au Nouveau-Brunswick qui devaient les accueillir en 2021. Sauf que la province s’est désengagée in extremis en janvier 2019, en raison d’un coût jugé trop élevé. Désengagement très diversement interprété car, s’il est vrai également que le coût des Jeux est de plus en plus souvent pointé du doigt, nombreux sont  au Canada ceux qui dénoncent la mauvaise foi des gouvernements conservateurs et y voient un nouvel exemple, avec l’Ontario, de restrictions budgétaires « orientées » au détriment de la communauté francophone.
Ce sera donc la ville de Kinshasa, en République Démocratique du Congo, qui accueillera les prochains Jeux en juillet-août 2021.

Voir aussi : Acadie, Kinshasa, Moncton

Journée internationale de la Francophonie

Journée correspondant à la date de création de l’Agence de Coopération Culturelle et Technique (ACCT) fondée le 20 mars 1970 à Niamey et ancêtre de l’actuelle OIF (Organisation Internationale de la Francophonie). Sont organisées à cette occasion, dans chacun des 88 États et gouvernements membres, des activités célébrant la langue française. Lors de ce même mois de mars, se tient également chaque année la « Semaine de la langue française et de la Francophonie », ainsi que, tous les deux ans, la Conférence des chefs d’État et de gouvernement des pays ayant le français en partage, communément appelée « Sommet de la Francophonie ».

Voir aussi : ACCT

K comme Kachru

Kachru (Braj)

Linguiste indien décédé en 2016, spécialiste des différents types d’anglais dans le monde.

C’est à lui que l’on doit la « théorie des trois cercles » qu’il applique à l’anglais et distinguant les locuteurs natifs, de ceux dont l’anglais  n’est pas la langue maternelle mais en ayant un usage quotidien (langue seconde) ainsi que des locuteurs occasionnels (apprenants).
Théorie reprise par de nombreux  linguistes et applicable à toute langue utilisée largement en dehors de sa zone maternelle, comme c’est notamment le cas de l’anglais et du français.

Kinshasa

C’est officiel depuis la parution du rapport de l’ONU sur « Les villes du monde » en 2016, Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo (RDC), est désormais, avec ses 12,1 millions d’habitants, la plus grande ville francophone du monde, « ville » entendu ici au sens d’agglomération.
Statut confirmé par le nombre de locuteurs du français, supérieur à 11 millions. Kinshasa apparait donc comme une ville parfaitement bilingue où cohabitent le français, langue officielle et le lingala, l’une des quatre langues nationales et langue maternelle de la grande majorité de la population.
Cette évolution confirme par ailleurs la montée en puissance de l’Afrique francophone puisque, parmi les 10 villes francophones de plus d’un million d’habitants, on retrouve, toujours en termes d’agglomération, 8 capitales africaines, Paris et Montréal n’apparaissant plus respectivement qu’en 2ème et 4ème position.

Voir aussi : Afrique, Langue officielle, République Démocratique du Congo ou RDC

L comme Langue constitutive

Langue constitutive – Langue véhiculaire

Qu’est-ce qu’une langue, à quoi cela sert-il ?

Simple outil de communication, le plus neutre en soi, dénué de tout autre fonction, interchangeable s’il ne convient pas ou ne répond aux services qu’on est en droit d’en attendre, la langue est-elle donc strictement « véhiculaire » ?
Ou alors  bien davantage, reflet de l’identité d’une communauté, expression d’une culture, d’une histoire, reflet ni plus ni moins de ce que nous sommes ?
Portée par la linguistique et la philosophie, l’hypothèse est aujourd’hui admise. Parmi les nombreux exemples de cette idée de langue structurant notre pensée, reflétant notre représentation de l’univers, celui des mathématiciens, français ou malais notamment, est fréquemment cité. Tous deux ayant fait le choix de travailler les uns en français, les autres en malais, tout simplement parce qu’on réfléchit mieux dans sa langue, parce qu’étudier et raisonner dans une autre langue que la sienne entraîne et cela est désormais acquis, une déperdition des connaissances et de ses facultés créatrices.

Voir aussi : Enseignement supérieur

Langue maternelle

Il s’agit là d’une métaphore adoptée par la  grande majorité des cultures européennes qui  utilisent très communément cette même image,  « idioma materno », « muttersprache », « mother tongue » etc. Métaphore que l’on retrouve  également dans les langues africaines de façon peut-être encore plus expressive, « langue du sein », « du lait »
D’autres cultures, c’est par exemple le cas de la Chine,  l’assimilent non plus à la mère, mais à la terre, au territoire. La langue maternelle devient ainsi  la « langue du pays racine ».
Confusion que l’on retrouve  dans certains de nos dictionnaires :  «  La langue maternelle peut donc être tantôt celle de la mère, tantôt celle de la mère-patrie ».  (Dictionnaire Le Robert. 1959).

Quoi qu’il en soit, la langue maternelle demeure la langue acquise par un individu dans son environnement domestique en tant que première langue. Cette langue est celle qu’il assimile et comprend le mieux, celle qui constitue la base de son raisonnement.

 Langue officielle – langue nationale

La langue officielle est la langue désignée par un État pour des fonctions officielles telles que la rédaction des lois, l’administration, l’éducation et les relations internationales.
Elle se distingue de la langue nationale, très généralement maternelle mais réservée, au sein d’un même pays, à un usage purement interne.

La constitution suisse en offre une parfaite illustration avec quatre langues nationales (allemand, français, italien et romanche) et trois langues officielles (allemand, français et italien). Le romanche, langue nationale, bénéficie d’une existence juridique dans la région où on le parle (le canton des Grisons) mais, n’étant pas langue officielle, n’est pas reconnu dans les instances confédérales.

Si le statut de langue officielle, langue de fonctionnement de l’État, est par ailleurs parfaitement clair, celui de langue nationale est très variable d’un pays à l’autre.
En Afrique subsaharienne francophone, aux côtés du français reconnu dans tous les cas comme langue officielle, certains pays, comme le Burkina Faso considèrent toutes leurs langues, 70 au total, comme nationales, d’autres comme la Guinée ou la République démocratique du Congo n’en retiennent qu’un nombre limité, respectivement huit et quatre et d’autres, comme le Tchad et malgré l’existence d’une centaines de langues parlées, n’en retiennent aucune.

Voir aussi : bilinguisme institutionnel, ELAN, Kinshasa, République démocratique du Congo. 

Langue seconde

La langue seconde n’est pas la seconde langue enseignée, autrement dit celle que l’on nomme LV2, mas celle qu’on acquiert et qu’on utilise après sa langue maternelle.
Le concept, d’introduction récente, peut correspondre il est vrai à des réalités différentes.
L’anglais par exemple, largement utilisé dans les pays du Golf et dépourvu de tout statut officiel, y est considéré comme langue seconde.
Il en est de même pour le français, langue d’enseignement, des médias et surtout de l’entreprise dans les pays du Maghreb où il n’est pas langue officielle mais où son acquisition est considérée comme indispensable. Langue seconde également en Afrique francophone où, langue officielle  cette fois-ci, il joue le rôle de trait d’union à l’échelle d’une partie du continent.
On parle plus communément de « langue seconde véhiculaire ».

Langues africaines

On ne reviendra pas sur l’extrême morcellement linguistique de l’Afrique avec ses quelque 2 000 langues répertoriées à ce jour.

Certaines ont une diffusion importante, comptant des millions voire des dizaines de millions de locuteurs. C’est le cas notamment du yoruba et du haoussa en Afrique de l’Ouest ou, plus encore, du Kenya au Mozambique, du swahili, la langue du « rivage ». Elles sont alors écrites et sont langues nationales voire, dans certains cas, officielles ou plutôt co-officielles. On peut d’ailleurs s’étonner qu’au nom d’un certain européocentrisme, elles ne soient pas considérées comme des langues internationales, ce qu’elles sont pourtant bel et bien, mais comme des langues dites simplement « véhiculaires » ou plus communément « africaines ».
L’immense majorité reste cependant confinée à un niveau purement local, essentiellement non écrite et dépourvue de toute dimension administrative ou économique.
Langues africaines et européennes, pour ne parler ici que du français, cohabitent dans un contexte essentiellement pacifique, porteur d’une remarquable vitalité linguistique et débouchant sur une sorte de nouveau-parler, français populaire africain ou français d’Afrique. Cohabitation porteuse de ses propres mécanismes de réajustement, le français se confirmant comme langue maternelle dans les grandes agglomérations et certaines langues africaines, comme le wolof, tendant vers une « officialité » de fait.

L’enjeu essentiel se situe néanmoins dans l’introduction des langues africaines à l’école dans le cadre d’un enseignement dans la langue maternelle défini aujourd’hui comme une priorité mais dont la généralisation se heurte, pour l’instant, à de considérables difficultés d’application.

Voir aussi : Afrique, Colonisation, Elan, Kinshasa, République Démocratique du Congo ou RDC, Nouchi, Plurilinguisme

Loi du 4 août 1994 dite loi Toubon

La loi du 4 août 1994, « relative à l’emploi de la langue française » et plus connue sous le nom de loi Toubon du nom du ministre de la culture de l’époque, considère la langue française comme «un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France».

Elle s’appuie sur l’article 2 de la Constitution, «La langue de la République est le français» et crée l’obligation d’une rédaction en français pour tout ce qui touche notamment au droit du travail, à la consommation ou encore à la communication. Elle a par ailleurs le mérite, bien avant l’heure, de poser les jalons du multilinguisme  en introduisant le principe de la double traduction et en proposant comme objectif l’apprentissage d’au moins deux langues étrangères à l’école.
25 ans après sa promulgation, on peut estimer que la loi a rempli son office dans les domaines, précités, du travail, les salariés ayant droit à un contrat rédigé en français et de la consommation, présentation des produits, modes d’emploi, garanties étant rédigés en français. Elle est en revanche en tout ou partie contournée à l’Université par les amendements introduits par la Loi Fioraso, dans les services publics, ainsi que de toute évidence, dans la communication et la publicité.

Voir aussi : Constitution du 4 octobre 1958,  Politique linguistique, Tasca Catherine

Loi Fioraso du 22 juillet 2013

La loi Fioraso, du nom de la ministre de la recherche et de l’enseignement supérieur de l’époque, introduit une brèche dans la loi Toubon en autorisant les écoles et universités à donner des cours en langue étrangère, c’est à dire en pratique en anglais.
Son article 2 ainsi que les modifications introduites par la suite dans le Code de l’Éducation, l’un et l’autre interprétés largement par le juge administratif, ont abouti à vider de son sens l’ancien article 11 de la loi Toubon, depuis lors abrogé,  qui définissait le français comme « La langue de l’enseignement ».

Voir aussi : Enseignement supérieur

Lois du 30 juillet 1974 et du 23 août 1977

Les lois du 30 juillet 1974 dite loi 22 et du 23 août 1977 dite loi 101 ou Charte de la langue française, sont les plus connues d’une série de textes initiée en 1969 par la « loi pour promouvoir la langue française au Québec » et visant à faire reconnaître puis instaurer la primauté du français.
Elles sont aussi les plus représentatives d’une époque de renouveau identitaire symbolisée par les ères Bourassa et Lévesque, premiers ministres libéral et péquiste (parti québécois) de 1970 à 1994.
Elles font du français la langue officielle du Québec, désormais seule province unilingue francophone du Canada. Leur retentissement fut considérable. Elles soulevèrent la colère de l’élite anglophone dont une partie quitta Montréal pour s’installer dans la province voisine de l’Ontario.
Elles instaurent notamment la priorité donnée aux inscriptions dans les écoles françaises et imposent l’usage du français dans l’affichage public, la publicité commerciale ou dans l’entreprise.

Évaluées à l’aune de ce que sont aujourd’hui le Québec et la ville de Montréal, force est de constater que l’une et l’autre ont joué un rôle majeur sinon déterminant dans l’évolution du fait francophone au cours des quatre dernières décennies.

Voir aussi : Canada, Constitution du 4 octobre 1958, Montréal, Politique linguistique, Québec.

Loi du 8 novembre 1962

La Belgique est un État fédéral qui se compose de trois communautés, flamande, wallonne et à un degré moindre en terme démographique, allemande, toutes trois essentiellement définies à travers la notion de langue.
La loi du 8 novembre 1962, tout comme celle du 2 août 1963, posent les bases d’un continuum législatif en définissant, pour la première, des frontières linguistiques et pour la seconde, les différentes langues officielles de l’administration, en l’occurrence le néerlandais, le français et l’allemand.

Liban

L’image d’un Liban fer de lance de la francophonie au Proche-Orient pourrait ne plus être à l’ordre du jour.

L’un des socles de son implantation, son système scolaire bilingue traditionnellement franco-arabe, semble de plus en plus concurrencé par l’anglais. D’autres indicateurs, presse écrite, télévision, sites ministériels, paraissent confirmer ce revirement.
On assiste malgré tout à la mise en place d’autres leviers comme autant de phénomènes de compensation, parmi lesquels le glissement du français vers la communauté chiite, très liée, tant sur le plan économique que  linguistique, à une Afrique francophone sur laquelle elle est fortement implantée. Le français continue par ailleurs à s’appuyer sur un réseau, Alliances, Instituts et surtout AEFE, d’une particulière densité ainsi que sur des initiatives émanant d’une société civile qui lui demeure très attachée.

Encore le Liban, à la différence du Québec, n’entretient-il avec le français que des liens d’amitié qui n’ont, comme chacun le sait, rien d’immuable et peut-être devrions-nous, à l’inverse d’une diplomatie parfois défaillante ou des Français eux-mêmes si friands de s’exprimer en anglais y compris en terrain francophone, faire en sorte de lui envoyer de tout autres signaux.

Voir aussi : Afrique.

Louisiane

Nulle situation n’est plus difficile à appréhender que celle du français en Louisiane :

  • Recensements imprécis ne permettant pas d’évaluer avec certitude un nombre de francophones pourtant estimé entre 190 000 et 250 000 soit entre 4 % et 5 % de la population.
  • Cercles différents regroupant sous une même dénomination Créoles blancs, Créoles noirs, Houmas (Amérindiens francophones) et enfin véritablement Cadiens.
  • Histoire chaotique sur fond d’assimilation et de stigmatisation conduisant à la dévalorisation et au mépris de soi et dont les effets sont toujours ressentis à travers « la honte », aujourd’hui encore à peine surmontée, de parler français en public.

On observe pourtant l’émergence d’un processus de revendication identitaire, essentiellement portée par une jeune génération enfin prête à assumer sa singularité. Mouvement de reconstruction entamé dès la fin des années 1960 avec la création du CODOFIL, la reconnaissance d’un État bilingue (le français langue administrative) ou celle d’un territoire, l’Acadiane. Mouvement poursuivi aujourd’hui à travers l’explosion des classes d’immersion en français ou la récente adhésion, en octobre 2018, de la Louisiane à l’OIF, adhésion portée par un État soudain très attentif au potentiel économique de l’usage d’un français semble-t-il remis à l’ordre du jour.

Voir aussi : Acadiane, Cadiens, CODOFIL, Maine, Politique linguistique, Stephen King, Université Sainte-Anne.

Lycée français de Koweït

Situé au nord de la péninsule arabique, entre Irak et Arabie Saoudite, le très opulent Koweït s’étend sur un territoire restreint, équivalent à environ la moitié de la Belgique. Un Koweït, ancien protectorat britannique, où le poids conjugué des influences américaine et britannique reste considérable à travers un anglais langue seconde véhiculaire en passe parfois de se substituer, là aussi, à la langue locale, fut-elle l’arabe.

Au coeur de Koweït City, « L.F.K », la marque est déposée, autrement dit le Lycée français de Koweït, l’un des 520 établissements du réseau AEFE et certainement l’un des plus remarquables.
Etablissement privé propriété de l’État koweïtien, mis à disposition sous couvert d’une licence d’exploitation commerciale du docteur Al Rashed et de son épouse madame Al Khaled lesquels associent progressivement leurs filles Hessa et Yazi, anciennes élèves et parfaitement francophones, à la gestion de l’établissement.
Un accord de partenariat signé avec l’AEFE garantit sa reconnaissance officielle par le ministère de l’éducation nationale. La langue d’enseignement y est le français avec, de la maternelle à la terminale, 1400 élèves dont 12 % de nationaux, 15 % de français et une trentaine d’autres nationalités, une équipe éducative à dominante libanaise et syrienne et un enseignement, porté par un degré d’exigence sans équivalent, pouvant être aisément qualifié d’excellence.

Car ne nous y trompons pas, cet établissement, sorte de creuset de la meilleure société d’une ville très anglicisée, qui rassemble le gratin de Koweït City, truste les récompenses et semble écraser la concurrence, forme ici en français la future ou plutôt l’une des futures élites mondiales, de celle qui occupera les postes-clef dans le monde de demain et constituera l’ossature de cet invisible mais tout à fait réel réseau d’influence tel qu’il semble aujourd’hui et de plus en plus caractériser la francophonie.

Voir aussi : AEFE, Enseignement du français, Influence.

M comme Maine

Maine

Aborder le Maine à travers la notion de francophonie, voire plus modestement de francophilie, peut sembler hasardeux.

Peu d’études sont consacrées au sujet et on se heurte de surcroît à un manque réel de visibilité pour des communautés dispersées et un fait francophone non reconnu et encore moins institutionnalisé.
On est loin ici de la Louisiane, terrain attitré, clairement identifié de la francophonie américaine. Ici, pas d’Acadiane, de cajuns, de bayou, pas d’instrumentalisation non plus pour un Etat du Maine qui, contrairement à son homologue du Sud, ne compte pas sur le français pour renflouer ses caisses.
Et pourtant, près d’un tiers des habitants est d’ascendance française et, selon le Centre d’Héritage Franco-Américain de Lewiston, 7 % des familles parlent français à la maison, ce qui ne semble pas être le cas en Louisiane. Qu’on soit dans le sud, entre Biddeford et Lewiston, ou au nord, entre Québec et Nouveau-Brunswick et qu’il s’agisse de familles d’ascendance française ou (là encore) des nouveaux immigrants africains, tout le confirme, après des décennies de stigmatisation, le français est à nouveau à l’honneur.

Il semble que l’on ait plus «honte» de parler français, qu’on le transmette désormais à ses enfants, témoin, miracle de survivance, cet aveu en forme de promesse :

«Je rêve en français»

Voir aussi : Acadiane, Louisiane, Politique linguistique, Stephen King, Université Saint-Anne.

Maurice (Ile)

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en matière linguistique, les autorités mauriciennes font preuve de pragmatisme.

Pragmatisme traduit par une double adhésion au Commonwealth et à l’OIF, mais également dans un statut officiel des langues aux contours ambigus où l’anglais apparaît comme la langue de l’État mais où le français est autorisé : «La langue officielle de l’Assemblée est l’anglais, mais tout membre peut s’adresser à la présidence en français» (Constitution de 1968 – article 49).
Pragmatisme tenant compte des réalités d’un pays multi-ethnique et plurilingue où s’entrecroisent anglais, créole, français et, à un degré moindre, bhodjpouri, mais dans lequel le créole, parlé et compris par plus de 90 % des mauriciens, tient une place prépondérante.

Et c’est précisément en raison de ses similitudes avec le créole mauricien que le français reste la langue la mieux comprise et, deuxième langue dans les faits après le créole, se retrouve nettement majoritaire dans la presse et la vie économique. A tel point que c’est en français que la très britannique banque Barclays choisit de faire l’annonce de ses produits d’épargne.

Mission laïque française

Association reconnue d’utilité publique créée en 1902, la Mission laïque française est à la tête d’un réseau de 112 établissements d’enseignement du français scolarisant plus de 60 000 élèves dans 41 pays. L’ensemble de ses établissements est homologué par le ministère de l’éducation nationale et conventionné par le ministère des affaires étrangères.
Elle est l’un des acteurs influent de l’enseignement du français à l’étranger.

Voir aussi : AEFE, Alliance Française, Enseignement du français, Institut Français

Modèle gravitationnel

Le modèle gravitationnel est une représentation abstraite des rapports entre langues imaginée en 1999 par le sociolinguiste Louis-Jean Calvet sous la forme d’une organisation pyramidale et quadridimensionnelle et découlant du principe selon lequel les langues sont reliées entre elles par des systèmes de bilinguisme hiérarchisés sous-tendus par des rapports de force.

Cette organisation s’articule autour d’une langue « hypercentrale », l’anglais dont les locuteurs ont une forte tendance au monolinguisme.
Autour de celle-ci gravitent une dizaine de langues dites « supercentrales », arabe, chinois, espagnol, français, hindi, malais notamment dont les locuteurs, lorsqu’ils acquièrent une seconde langue, apprennent soit l’anglais soit une langue de même niveau.
Elles sont elles-mêmes pivot de cent à deux cents autres langues, dites « centrales » autour desquelles gravitent cinq à six mille langues « périphériques ».

Louis-Jean Calvet cherche  à démontrer, à travers ce modèle dont le bilinguisme est le ciment, que les langues les plus menacées sont les langues « centrales » mais surtout « périphériques », langues tout à la fois dominées par les grands groupes linguistiques eux-mêmes dominés par l’anglais, mais également langues dont la transmission est rendue aléatoire par le fait qu’elles ne sont jamais ou quasiment jamais langues secondes.

Voir aussi : Calvet (Louis-Jean), guerre des langues

Moncton

Située au sud-est de la province, à proximité de la baie de Fundy, Moncton, 144 000 habitants dont 33 % de francophones, est la plus grande agglomération du Nouveau Brunswick et par voie de conséquence, d’Acadie.

Communauté au sein de laquelle elle joue un rôle majeur. Son université, l’une des deux universités francophones d’Acadie avec Sainte-Anne en Nouvelle-Écosse est, avec ses 5 000 étudiants, la plus grande université exclusivement francophone du Canada hors Québec. Moncton accueille par ailleurs chaque année « Le festival international du cinéma francophone en Acadie » et fut l’hôte en 1994 du premier « congrès mondial acadien » et en 1999 du VIIIème « sommet de la Francophonie ». Elle aurait dû accueillir en août 2021, si le gouvernement de la province ne s’était désisté, les IXèmes jeux de la francophonie.

L’ironie de l’histoire veut qu’elle porte le nom de Robert Monckton, grand ordonnateur de la déportation des acadiens en 1755, sans «k» toutefois, bien maigre consolation.

Voir aussi : Acadie, Grand Dérangement, Jeux de la francophonie, Nouveau-Brunswick, Université Saint-Anne.

Montenay (Yves)

Yves Montenay est diplômé de l’École Centrale de Paris et docteur en démographie politique.
Après une double carrière en entreprises internationales et dans l’enseignement supérieur, il est aujourd’hui essayiste, conférencier et vice-président de l’association «Avenir de la langue française».
Il anime également un site consacré notamment à la francophonie qu’il aborde sous ses aspects géo-politiques à travers des articles principalement consacrés à la Chine, au monde musulman et à l’Afrique.

Montréal

Montréal est et a toujours été une ville cosmopolite. Capitale économique du Québec, la langue officielle y est le français et, avec son agglomération de 4, 2 millions d’habitants, elle se situe au 4éme rang des plus grandes villes francophones derrière Kinshasa, Paris et Abidjan, maintenant talonnée par Casablanca et Yaounde.

Les francophones y représentaient au dernier recensement (2016) 78,1 % de la population, contre 77,6 en 2011, les banlieues étant plus francophones que le centre, cosmopolite et l’ouest, relativement anglophone.
La question essentielle, ainsi que le doute toujours en suspens, tient cependant aux équilibres linguistiques et il semble que l’on n’ait jamais autant parlé français à Montréal comme le démontrent les recensements précités, le taux particulièrement élevé d’inscriptions en écoles françaises ou encore la prépondérance des indications officielles et des enseignes en français.

Seuls encore une fois les Français, régulièrement pointés du doigt comme utilisant l’anglais par snobisme, semblent de nature à susciter de nouvelles interrogations.

Voir aussi : Acadie, Canada, Lois du 30 juillet 1974 et du 23 août 1977, Québec, 

Mushikiwabo (Louise)

Louise Mushikiwabo est née au Rwanda en 1961. Après des études aux États-Unis, elle rentre en Afrique, Tunisie puis Rwanda où elle devient la ministre de l’information, puis, de 2009 à 2018, la ministre des affaires étrangères du très décrié Paul Kagame.
A l’occasion du sommet d’Erevan et malgré les nombreuses réserves suscitées par cette candidature, elle se porte candidate à la fonction de secrétaire générale de l’OIF.
Élue avec le soutien de la France, elle succède, le 1er janvier 2019, à la canadienne Mickaëlle Jean.

Voir aussi : Jean (Mickaëlle), OIF, Rwanda.

N comme Normalisation

Normalisation

Avec plus de 23 000 normes internationales référencées à ce jour, la normalisation reste un excellent indicateur de positionnement des langues.

Et à ce titre le français n’est pas en reste : langue officielle de l’ISO (Organisation Internationale de Normalisation) avec l’anglais et le russe et du CENELEC (Comité Européen de Normalisation en Électronique et en Électrotechnique) avec l’anglais et l’allemand, sa position n’est pas remise en cause.
Les dernières années ont cependant vu la montée en puissance de deux nouveaux acteurs, l’espagnol, supplantant parfois le russe dans les documents officiels, ainsi que le mandarin qui poursuit une progression entamée depuis les années 2000.
On notera l’aboutissement d’un projet porté par la DGLFLF avec la publication, en avril 2019, d’une norme relative à un nouveau modèle de clavier dit «azerty amélioré» intégrant dorénavant certaines spécificités du français telles que les ligatures oe et ae ou encore les guillemets dits «français» à double chevron.

Voir aussi : Chine, Protocole de Londres sur la non-traduction des brevets européens

Nouchi

Le nouchi, du malinké «nou», le nez et «chi», poil, est apparu au début des années 1970 dans les banlieues déshéritées d’Abidjan.

De langue de la rue, des marginaux et des déscolarisés, il évolue aujourd’hui vers une certaine reconnaissance culturelle, voire institutionnelle.
Quel que soit le nom qu’on voudra lui donner, argot, langue à part entière, il est un parfait exemple du caractère évolutif des langues et illustre les mécanismes d’hybridation ou d’interpénétration entre le français et les langues africaines, malinké, baoulé et dioula notamment. Il n’est pas, à ce titre, sans faire penser au créole dont il présente les mêmes caractéristiques, base lexicale et système phonologique très proches du français, même aptitude, par certaines tournures ou expressions, à une inventivité et une créativité propres.

Voir aussi : Afrique, Côte d’Ivoire, Langues africaines

Nouveau-Brunswick

Le Nouveau-Brunswick est la plus étendue et, avec ses 777 000 habitants dont 240 000 francophones, la plus peuplée des provinces maritimes.

Elle offre en outre la particularité d’être la seule province officiellement bilingue du Canada.
Elle représente d’ailleurs le cœur de l’Acadie dont elle concentre l’essentiel de la population sur un territoire relativement homogène englobant, de Moncton au Madawaska, les bordures Est et Nord de la province.
L’histoire encore récente du Nouveau-Brunswick retiendra le nom de Louis Robichaud, premier ministre de 1960 à 1970 et qui, durant ces dix années, joue un rôle déterminant dans la reconnaissance des droits des francophones, tant à travers l’adoption de la Loi sur les langues officielles de 1969 qu’à travers sa contribution à la fondation de l’Université de Moncton.

Un nouveau Brunswick francophone toujours présent sur la scène internationale mais qui devra savoir répondre au double défi de la natalité (avec un taux désormais inférieur à 1,4) et de l’immigration (l’immigration francophone  pesant aujourd’hui très faiblement dans la part totale des immigrants).

Voir aussi : Acadie, Canada, Moncton, Ontario, Politique linguistique, Québec, Université Saint-Anne

O comme Observatoire européen du plurilinguisme

Observatoire européen du plurilinguisme ou OEP

Structure associative créée en 2005 par Christian Tremblay, l’OEP s’appuie sur les secteurs stratégiques, décideurs, chercheurs, enseignants et chefs d’entreprise afin de préserver, autour d’une « Charte européenne du plurilinguisme », la diversité linguistique et culturelle.
L’OEP organise notamment une manifestation internationale triennale, les Assises européennes du plurilinguisme (Paris en 2005, Berlin en 2009, Rome en 2012, Bruxelles en 2016, Bucarest en 2019) et propose un site particulièrement riche présentant, en une dizaine de langues, l’actualité de la recherche et une revue de presse internationale sur le plurilinguisme sous ses différents aspects, notamment culturels, sociaux et économiques. Il publie également cinq fois par an une lettre d’information très largement diffusée.

Site internet de l’Observatoire Européen du Plurilinguisme

Observatoire de la langue française

Directement rattaché à l’OIF, l’observatoire de la langue française a pour mission de recueillir et analyser les données relatives à la place et aux usages du français dans le monde.
Il publie notamment tous les quatre ans un rapport, «La langue française dans le monde» qui fournit à travers chiffres, analyses et projections, un état de la situation du français  dans les domaines de l’enseignement, de l’économie, de la culture, des médias et d’Internet. Cette publication, au caractère très institutionnel et largement reprise par les médias, sert de référence commune aux autres pays de l’OIF ainsi qu’à un grand nombre de travaux ou études.
Son directeur est Alexandre Wolff

Voir aussi : OIF

Observatoire démographique et statistique de l’espace francophone ou ODSEF

Réseau scientifique international, l’ODSEF est né en 2009 d’un engagement pris par le premier ministre du Québec à l’occasion du XIIe Sommet de la Francophonie.
De droit québécois, il bénéficie des financements conjoints du ministère québécois des relations internationales, de l’agence universitaire francophone (AUF) et de l’OIF. L’Université Laval donne accès à ses ressources documentaires, ses locaux et équipements et assure la direction scientifique du projet.
Ces travaux portent essentiellement sur l’évolution démographique de l’espace francophone dans sa dimension politico-administrative (pays ayant le français comme langue officielle).
Les résultats de ses recherches sont mis à la disposition de l’OIF et alimentent le rapport quadriennal de l’Observatoire de la langue française.
Son directeur est Richard Marcoux

Voir aussi : AUF, Québec, Université Laval

Office québécois de la langue française

Organisme d’État crée en 1961, l’Office québécois de la langue française a pour mission de définir et conduire la politique québécoise en matière d’officialisation linguistique, terminologie et francisation de l’administration et des entreprises.
Plus généralement chargé d’assurer le respect de la Charte de la langue française, il rend tous les cinq ans un rapport sur l’évolution de la situation linguistique et alimente le Grand Dictionnaire Terminologique (GDT).

Voir aussi : Canada, DGLFLF, Montréal, Québec

OIF ou Organisation internationale de la Francophonie

Rouage exécutif de la Francophonie, l’OIF voit le jour le 20 mars 1970 avec la création de l’Agence de Coopération Culturelle et Technique (ACCT).

Elle met en œuvre la diversité linguistique et la coopération francophone à destination de publics, femmes, jeunes, continent africain et à travers des missions qu’elle définit comme prioritaires : éducation, instauration de la démocratie, renforcement de l’espace économique francophone
Si son appellation actuelle n’est consacrée qu’en 2005, son rôle et son assise s’élargissent progressivement, les présidents Mitterrand et Chirac lui donnant une dimension plus politique en suggérant  en 1986, l’organisation de sommets réunissant les chefs d’État, puis en 1997, la création d’un poste de secrétaire général.
S’appuyant sur un budget de 71 millions d’Euros dont la France et le Canada sont les principaux contributeurs, 7 directions, 4 opérateurs et 4 représentations permanentes, elle accueille aujourd’hui 88 États ou gouvernements, tous soumis aux mêmes obligations tant sur le plan linguistique que sur celui des valeurs démocratiques.

Elle gagnerait toutefois  se recentrer sur une dimension technique et purement linguistique, terme de ses premiers engagements.

Voir aussi : ACCT, Francophonie économique, Mushikiwabo Louise, Jeux de la Francophonie, Plurilinguisme, Rwanda, Sommet de la Francophonie, Université Senghor.

Ontario

C’est peu dire que l’Ontario occupe une position centrale tant par sa démographie, la première avec près de 14 millions d’habitants, sa superficie, la deuxième après le Québec, que son influence politique auprès du gouvernement fédéral.

Malgré un pourcentage très faible (4%) de la population totale, ses quelque 570 000 francophones constituent, après la minorité anglophone du Québec, la minorité provinciale la plus importante du Canada. C’est ici, essentiellement dans certaines localités de l’est comme Prescott et Russell où ils sont majoritaires, que se concentrent les trois quarts des francophones du Canada hors Québec et Acadie.
Au-delà de la toujours complexe et difficile question des minorités francophones, trois exemples semblent révélateurs de l’engagement des franco-ontariens pour la reconnaissance de leurs droits :
• L’adhésion, tout sauf anodine, de l’Ontario à l’OIF en novembre 2016.
• L’explosion des classes d’immersion de langue française, la quantité d’inscriptions dépassant dans certains quartiers de Toronto celle des élèves inscrits dans les programmes d’anglais courant.
• Mais sans doute  davantage encore le très récent (janvier 2020) accord de création de l’université francophone de Toronto, première université de langue française de l’Ontario, accord ressenti par les franco-ontariens comme une victoire peut-être sans précédent.

Voir aussi : Acadie, Canada, classes d’immersion, Charte des droits et libertés, Nouveau-Brunswick, Politique linguistique, Québec, Université Laval, Université Sainte-Anne.

OPALE (Organismes francophones de politique et d’aménagement linguistiques)

Réseau constitué en 2009 par les organismes de la langue française de la Fédération Wallonie-Bruxelles, France, Québec et Suisse romande.
Enceinte de concertation sur les initiatives de chaque membre en matière de politique linguistique, le réseau OPALE leur permet de conduire des projets communs dans les domaines attitrés de la francophonie, tels que l’évolution législative, l’enseignement ou l’enrichissement du français.

P comme Pactes linguistiques

Pactes linguistiques

Les pactes linguistiques sont un instrument contractuel conclu entre l’OIF et les pays membres dont le français n’est pas langue officielle.
Ils définissent des «Plans d’action» (accès de la population aux médias francophones, renforcement du français dans le système éducatif …) dans le cadre desquels interviennent les opérateurs de l’OIF, Agence Universitaire de la Francophonie, TV5 Monde notamment en proposant des mesures d’accompagnement aux engagements pris par les États.
On en dénombre  5 en tout et pour tout et faute d’un réel accompagnement financier, ne serait-ce que dans les pays les plus pauvres, un tel dispositif n’a, dans les faits, que peu de chances d’aboutir ou perdurer.

Voir aussi : OIF

Parlement francophone des jeunes des Amériques 

Rendez-vous organisé par le Centre de la Francophonie des Amériques à l’occasion duquel 120 participants prennent part, durant une semaine, à une simulation parlementaire.
Tant pour la rédaction des documents que pour les conférences, le français est la seule langue de travail. Ce rendez-vous donne lieu à des formations pratiques, conférences, ateliers ainsi que, de façon plus générale, à une réflexion sur les grands enjeux de la francophonie.

Voir aussi : Centre de la Francophonie des Amériques

Plurilinguisme

Pierre angulaire de l’approche linguistique contemporaine et considéré comme incontournable avec plus de 7 000 langues répertoriées, le plurilinguisme est tout en même temps synonyme de diversité, respect de l’autre et reconnaissance des droits.

Mis en avant en 2005 par le rapport Grin, il est depuis régulièrement cité par l’ensemble des acteurs, qu’ils soient nationaux ou internationaux. Seule l’Union Européenne semble faire exception en accentuant la prédominance de l’anglais en dépit de textes, «Charte des droits fondamentaux», «Traité sur l’Union européenne» pourtant énoncés comme des déclarations de principe.
L’espace francophone étant, quant à lui, marqué par la présence d’un grand nombre de langues étrangères et de nombreux cas de variation ou d’hybridation du français, la prise en compte du plurilinguisme constitue un enjeu majeur et tout à fait effectif cette fois-ci, pour la Francophonie. L’un des exemples les plus probants résidant sans doute dans sa politique de soutien aux langues africaines dont le programme Elan constitue l’une des meilleures illustrations.

Voir aussi : Bilinguisme institutionnel, Elan, Grin (rapport), Intercompréhension entre les langues, Langues africaines, OIF, Union européenne

Politique linguistique

La politique linguistique se comprend comme « l’ensemble des choix conscients effectués dans le domaine des rapports entre langue et vie sociale et plus particulièrement entre langue et vie nationale » . (Louis-Jean Calvet)

Elle est donc, tout comme les politiques sociale, économique ou encore démographique, affaire de l’État.
Pour qui veut cependant  réfuter toute idée même d’interventionnisme et ne considérer la langue que comme le  produit du temps et le fait de l’action des hommes, elle peut heurter et être considérée comme transgressive.

Vecteur par lequel un État, une région, une province se définissent, la politique linguistique doit néanmoins être considérée comme un élément majeur des mécanismes institutionnels et sociaux propres à un territoire.
Rares sont les pays, comme le Danemark, partisans d’un réel non-interventionnisme.
Elle peut être implicite, les États-Unis en étant sans doute l’exemple le plus frappant qui, malgré l’absence de définition constitutionnelle ou légale de langue officielle, témoignent envers l’anglais d’un soutien sans faille, que ce soit sur leur territoire (Constitution de 1913 de l’État de Louisiane par exemple) ou à l’extérieur comme le démontre  Claude Hagège à travers ce qu’il définit comme « la conquête par la multiplication des organes de diffusion de l’anglais ».
Elle se traduit cependant le plus souvent de façon formelle, que ce soit au niveau de la graphie (« Révolution linguistique » de Mustapha Kemal substituant un alphabet latin, dit « turc » à l’alphabet arabe), du lexique (commissions de terminologie visant à la création de mots nouveaux) ou encore des fonctions, en promouvant une langue au rang de langue officielle, nationale ou d’enseignement.

Citons notamment, appliqués à l’espace francophone, l’exemple du Canada (Charte des droits et libertés du 17 avril 1982), du Québec (Lois du 30 juillet 1974 et du 23 août 1977) et de la France (Constitution du 4 octobre 1958 et loi Toubon du 4 août 1984).

Voir aussi :  Constitution du 4 octobre 1958, guerre des langues, loi Toubon, Lois du 30 juillet 1974 et du 23 août 1977, Louisiane, Maine.

Première langue officielle parlée (PLOP)

Indice d’appartenance linguistique propre au Canada et dont les mécanismes sont définis dans la Loi sur les langues officielles.
Le PLOP vise à établir les pourcentages respectifs de locuteurs en langues anglaise et française en tenant compte de la connaissance des «deux langues officielles», puis de «la langue maternelle», et enfin de «la langue parlée à la maison».

Protocole de Londres sur la non-traduction des brevets européens

Le protocole de Londres, ratifié en octobre 2008, est un exemple caractéristique de la guerre des langues et des enjeux économiques et juridiques qui en découlent.

Cet « accord », présenté comme devant simplifier le régime linguistique des brevets en Europe, invitait purement et simplement les pays européens à renoncer à leurs exigences en matière de traduction et «encouragerait » les entreprises à déposer leurs brevets directement en anglais.
Synonyme de reconnaissance du tout-anglais, il en résultait  un avantage concurrentiel indéniable pour les entreprises anglo-saxonnes ainsi qu’une prédominance de facto du droit anglo-saxon.
Au terme d’une bataille particulièrement âpre, le Royaume-Uni dut renoncer à ses premières exigences et ce sont finalement l’allemand et le français qui furent déclarées, aux côtés de l’anglais, langues obligatoires de traduction des brevets européens.

Voir aussi : Enjeux, Guerre des langues, Grin (rapport), Normalisation

Q comme Québec

Québec

Première province du Canada par sa superficie avec 1,668 million km², seconde en terme démographique après l’Ontario avec ses 8,485 millions habitants, seul province ayant pour langue officielle le français, le Québec se construit autour de l’idée d’une langue, trame de fond de ses revendications identitaires et apparaît à ce titre comme une «société (véritablement) distincte».

Si la fièvre nationaliste, celle des gouvernements Bourassa et Lévesque , des lois 22 (1974) et 101 (1977) et des référendums d’autodétermination (1980 et 1995) est aujourd’hui retombée, «la belle province» n’en continue pas moins de s’affirmer comme la voix de la francophonie en Amérique du Nord, voire d’une certaine francophonie mondiale.
Un Québec qui n’a jamais été aussi conquérant et nous réconcilie avec l’idée d’un espace économique francophone porteur de ses propres dynamismes.
Un Québec où, contrairement à certaines idées reçues, le français, parlé par 86% de la population, n’a jamais été aussi fort qu’aujourd’hui.
A tel point qu’on peut légitimement s’interroger sur un fossé linguistique grandissant entre un Québec de plus en plus francophone et une France en voie d’anglicisation et se demander si l’un et l’autre seront toujours, d’ici quelques générations, en mesure de se comprendre.

Voir aussi : Canada, espace économique francophone, Gérin Lajoie (doctrine), Lois du 30 juillet 1974 et du 23 août 1977, Montréal, Nouveau-Brunswick, Observatoire démographique et statistique de l’espace francophone, Office québécois de la langue française, Ontario, politique linguistique, Université Laval.

 R comme Radio France internationale ou RFI

Radio France internationale ou RFI

RFI est une station de radio publique française à vocation internationale créée en 1975 et rattachée, en 2008, au groupe France Médias Monde.
Très présente en Afrique, francophone mais également non francophone grâce à son service en anglais, en portugais ou en langues africaines telles le kiswahili ou le mandingue, elle diffuse ses programmes en français et dans 14 langues étrangères.
Référence en matière d’information, elle propose également des séries de sensibilisation et de perfectionnement au français destinées tant au grand public qu’aux professionnels de l’éducation.

Voir aussi : France Médias Monde, France 24, TV5 Monde.

République démocratique du Congo ou RDC

Véritable géant africain avec un territoire vaste comme quatre fois la France et deux fois le Québec, ses énormes richesses, un taux de croissance estimé à 4,6% en 2019, la République Démocratique du Congo est aussi, avec 87 millions d’habitants, le premier pays francophone du monde.

Parlé par plus de la moitié de la population et porté par des médias francophones à 97 %, le français, seule langue officielle mais manifestant néanmoins ces formes d’hybridation propres au continent africain, est ici parfaitement vivant aux côtés des langues nationales que sont notamment le kikongo ou le lingala.
Une RDC qui plus est très présente sur la scène francophone internationale avec une Fête du Livre devenue le rendez-vous incontournable de la littérature francophone d’Afrique centrale et des Jeux de la Francophonie programmés à l’horizon 2021.
Peut-être est-il simplement regrettable que la France ne manifeste pas davantage d’intérêt pour un pays qui pourrait compter 125 millions d’habitants en 2030, avec une capitale, Kinshasa, appelée à franchir la barre des 20 millions et devenir ainsi l’une des plus grandes métropoles du monde.

Voir aussi :  Afrique, Côte d’Ivoire, Kinshasa, Langues africaines.

Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique ou RVFFA

Fondé par les villes de Québec, Moncton et Lafayette, le RVFFA défend l’idée, relativement nouvelle d’un tourisme linguistique, en l’occurrence francophone. L’objectif est de développer le sentiment communautaire mais également l’économie et l’industrie des villes francophones et francophiles d’Amérique du Nord.
Il compte aujourd’hui, entre le Canada, les États-Unis mais également les Caraïbes, plus de 150 villes membres.
Piloté par le Centre de la francophonie des Amériques, il met notamment sur pied, à l’attention des touristes nord-américains ou européens, des circuits touristiques reliant les villes membres et offrant, pour chacune d’entre elles, des services en français.

Voir aussi : Centre de la francophonie des Amériques.

Rwanda

Ancienne colonie belge, le Rwanda est, à l’échelle de l’Afrique, un pays minuscule (26 338 km2 soit 86 % de la Belgique), caractérisé cependant avec ses 12,5 millions d’habitants par une très forte densité de population. Situé sur les hauts plateaux d’Afrique centrale, il est bordé à l’ouest par la République Démocratique du Congo et à l’est par les pays anglophones.

Quatre langues officielles ni plus ni moins : français, de pure façade, anglais, swahili et kinyarwanda, langue nationale parlée par la totalité de la population.
Il semble cependant que l’élection à la tête de l’OIF de Louise Mushikiwabo, bras droit du très décrié Paul Kagame, ait placé le Rwanda au cœur des enjeux de la francophonie. Un Paul Kagame viscéralement anti français et qui, sitôt au pouvoir en 2003, impose l’anglais comme langue officielle et oriente sa coopération vers l’Ouganda et le Kenya, sans oublier la Grande-Bretagne et les États-Unis.
L’avenir seul pourra valider le choix en forme de pari d’Emmanuel Macron, mais il semble d’ores et déjà que l’OIF se recentre, comme cela était effectivement souhaitable, sur la question des langues et de nouveaux objectifs plus en rapport avec ses premiers engagements.

Voir aussi :  OIF, Mushikiwabo Louise

S comme Saskatchewan

Saskatchewan

Aux confins de l’ouest canadien entre le Manitoba et l’Alberta.
Le climat, dit-on, y est rude.
1, 774 million d’habitants, l’une des densités les plus faibles du Canada et une communauté francophone, fransaskoise comme on dit là-bas, ultra minoritaire avec ses 14 000 locuteurs, 50 000 si l’on admet ceux pouvant soutenir une conversation en français, soit pas même 2 % de la population.
J’ignore tout de la vie en milieu minoritaire mais les quelques échos que j’en ai parlent tous d’ « isolement », de volonté de « briser la matrice du silence », « d’exprimer en français son passé, son vécu, ses rêves et son avenir » (La nouvelle plume), mais également de solidarité et peut-être parfois tout simplement d’un désir de survie.

Voir aussi : Afrique, Canada.

Sommet de la Francophonie

Instance suprême de la Francophonie, la «Conférence des chefs d’État et de gouvernement des pays ayant le français en partage» est chargée notamment de définir les orientations stratégiques et d’organiser l’élection du secrétaire général.
Depuis 1986 la rencontre est organisée  tous les deux ans.
Le sommet d’Erevan d’octobre 2018 a été notamment marqué par l’élection de la rwandaise Louise Mushikiwabo.
Le prochain sommet se tiendra, pour les 50 ans de la Francophonie, fin 2020 en Tunisie, pays fondateur, avec des enjeux considérables en termes de promotion et d’image pour le pays hôte.

Voir aussi :  OIF

Stephen King

Evoquer Stephen King dans un lexique consacré à la francophonie ne pourra manquer d’être assimilé à une preuve de confusion et entamer sensiblement mon crédit. Mais la frontière entre le mélange des genres, la faute de goût et ce que l’on pense véritablement devoir être écrit peut s’avérer infiniment plus mince qu’il n’y paraît.

Depuis que j’ai 20 ans je lis Stephen King avec une passion qui ne s’est jamais démentie et plus je  me documente sur l’Acadie, la Louisiane ou le Maine, plus il m’est difficile de ne pas faire de parallèle avec certains aspects de son oeuvre, que ce soit dans le ton, le choix des mots ou de certains personnages.
Comment ne pas relever, comme une similitude frappante, les noms de certains d’entre eux, de Roux à De Lesseps en passant par Tozier,  tous venus nous rappeler leur ascendance, celle des primo-arrivants ou des immigrants québécois, la fréquence des expressions non traduites, de        « raison d’être » à « cri du coeur », non pas caricaturales mais de celles qui emportent notre vision du monde et jusqu’à « Cette expression qui n’a de nom qu’en français » (« That feeling you can only say what it is en french ») titre d’une  nouvelle dans laquelle le personnage ne peut se défaire d’une étrange et très troublante impression de « déjà-vu ».

Mais peut-être est-ce plus encore l’absolue concordance entre les paroles d’un Bill Turcotte « On était des gueux qui baragouinaient en français » et les témoignages, récurrents, exprimant les brimades et la honte de parler français en public, qui m’ont conduit à m’interroger sur une telle réminiscence, trop présente pour n’être que le fruit du hasard et dont je suis presque étonné que personne jusqu’alors ne l’ait évoquée.

Voir aussi : Acadie, Louisiane, Maine, politique  linguistique,  Université Sainte-Anne.

T comme Tasca

Tasca Catherine

Ministre déléguée à la Francophonie puis Secrétaire d’État à la Francophonie et aux Relations culturelles extérieures de mai 1991 à mars 1993, elle est celle qui, à partir de 1992, s’engage dans une démarche jugée  rétrograde et vaine par beaucoup et qui aboutira à la loi du 4 août 1994.
Les élections législatives et le revers de la majorité présidentielle ne lui permettent pas de mener le projet à son terme et c’est à son successeur Jacques Toubon, que reviendra le mérite de le reprendre à son compte et faire voter une loi qui porte désormais son nom.

Voir aussi : Loi du 4 août 1994 dite loi Toubon

Test de connaissance du français (TCF) et Test d’évaluation de français (TEF)

Le TCF et le TEF ont été élaborés en 1998 par la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP) dans le cadre de ses missions de soutien au français des affaires et afin de développer l’emploi sur les marchés francophones.
Proposés notamment par la CCIP et le Centre national d’études pédagogiques (CIEP), ils situent le candidat, pour chaque compétence langagière, sur l’un des 6 niveau du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL) et permettent, selon le niveau atteint, d’étudier en France, accéder à la nationalité française, émigrer au Canada ou accéder à la nationalité canadienne.

Voir aussi : Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues (CECRL),Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris (CCIP), Centre National d’Etudes Pédagogiques (CIEP).

TV5 Monde

Créée en 1984, TV5 Monde, de droit français, est une chaîne internationale de télévision francophone.
Débordant très largement du cadre des pays membres de l’OIF, reçue dans plus de 257 millions de foyers avec une progression de 6 % par an, elle constitue l’un des trois grands réseaux mondiaux de télévision avec MTV et CNN.
Ne proposant que des programmes d’expression française sous-titrés en 12 langues, elle a pour missions de promouvoir la diversité culturelle et la créativité francophones, mais également, pour une large part, la découverte et l’enseignement du français.

Voir aussi : France Médias Monde, France 24, Radio France Internationale, Chaîne chinoise CGTN-Français, Chaîne russe R.T.

U comme Université Saint-Anne

Université Saint-Anne

L’Université Sainte-Anne est une université canadienne située à Pointe-de-l’Eglise, petit village de la communauté de Clare qui regroupe près de 10 000 Acadiens francophones.

Elle est la seule université de langue française de Nouvelle-Écosse et la deuxième des provinces maritimes après celle de Moncton au Nouveau-Brunswick.
Très enracinée dans la culture acadienne, elle accueille des étudiants de Nouvelle-Écosse, mais également du Canada voire et de plus en plus, d’Europe et des États-Unis.
Mais peut-être présente-t-elle avant tout la singularité d’offrir, depuis 1972, un programme d’immersion sans équivalent à travers des sessions de 5 semaines durant lesquelles environ 300 étudiants dont la grande majorité ne parle pas le français ou ne le parle pas bien, s’engagent à ne s’exprimer qu’en français durant tout leur séjour.

Au final, une prise de conscience culturelle et linguistique en rupture avec les processus d’auto-dévalorisation subis par nombre de communautés francophones d’Amérique du Nord.

« Avant les seules personnes avec qui je parlais français, c’était ma famille parce que j’avais honte de parler français avec d’autre monde…et puis asteur j’ai pas honte de parler français  … et Sainte-Anne m’a aidé ».

(Garland K. Ancien élève des programmes d’immersion)

Voir aussi : Acadie, Canada, Louisiane, Nouveau-Brunswick, Maine, Moncton, Stephen King.

Université Laval

Première université francophone d’Amérique du Nord, l’université Laval, du nom de François de Montmorency-Laval, premier évêque de la Nouvelle-France, est aussi l’une des plus grandes universités du Canada.

Située sur un campus de près de 2 km2 situé au cœur de l’agglomération québécoise, elle accueille au sein de ses 67 départements, écoles et instituts regroupés dans 17 facultés, 43 000 étudiants dont plus de 6 000 étudiants étrangers.
Investie par ailleurs d’une véritable responsabilité vis-à-vis de la question francophone, elle héberge l’Observatoire Démographique et Statistique de l’Espace Francophone (ODSEF), ainsi qu’à travers sa Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d’Expression Française en Amérique du Nord (CEFAN), le site « Aménagement linguistique dans le monde » consulté chaque année par près de 5 millions d’internautes.

Voir aussi : Québec, Observatoire démographique et statistique de l’espace francophone ou ODSEF

Université Senghor

Inaugurée en 1990, l’Université Senghor d’Alexandrie est une université internationale de langue française.

Elle est l’un des quatre opérateurs directs de l’OIF et dispose d’un budget de 3 millions d’Euros dont la moitié de contribution française.
Elle a pour mission la formation des cadres, essentiellement africains appelés à occuper des postes à responsabilité au sein de leur pays ou dans les organisations internationales. Forte d’un réseau d’intervenants francophones, canadiens, européens et africains, elle délivre des formations courtes et des masters spécialisés adaptés au contexte africain.

Voir aussi : Afrique, OIF

Union européenne

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en matière de diversité linguistique, l’Union européenne est loin de tenir ses engagements tant le déclin rapide et récent du multilinguisme au sein de l’institution est avéré.

Pour faire simple : 24 langues officielles, une diversité linguistique érigée en déclaration de principe et malgré des outils de traduction performants, une communication, qu’elle émane des députés ou des hauts fonctionnaires, de plus en plus tournée vers l’anglais. Bref, un unilinguisme (auquel les francophones semblent très volontiers se prêter) non maîtrisé, tout sauf équitable (voir le rapport Grin en ce sens), source de gaspillages et de dysfonctionnements.
Et le retrait britannique semble ne rien remettre en cause. Malgré les appels répétés et bien que l’anglais ne soit langue officielle ni de l’Irlande (gaélique) ni de Malte (le maltais), le règlement 1/58 qui définit le régime linguistique de l’Union  semble devoir se prêter aux mêmes interprétations et  montages visant à conférer à l’anglais, au mépris du principe d’égalité des Etats membres et de leurs langues officielles, un statut spécial et tout à fait dérogatoire.

Voir aussi : Grin (rapport), Plurilinguisme

V comme Villers-Cotterêts

Villers-Cotterêts (Cité internationale de la langue française)

Si tout se déroule comme prévu, la future Cité internationale de la langue française ouvrira ses portes en 2022 dans le château de Villers-Cotterêts.
Porté depuis des années par le milieu associatif, le projet est repris à son compte et annoncé par Emmanuel Macron le 20 mars 2018. Projet coûteux pour un chantier de rénovation estimé à plus 200 millions d’euros et ambitieux, puisque le Centre des monuments nationaux ne dispose plus que de deux ans pour transformer le château et ses 10 000 m2 en gardien de la langue française.

C’est ici rappelons-le, à 70 kilomètres au nord de Paris, que François 1er publiait le 15 août 1539 l’ordonnance décidant notamment que les actes juridiques devaient être dorénavant « prononcés, enregistrés et délivrés aux parties en langage maternel français », ordonnance remplaçant donc le latin dans tous les documents juridiques et administratifs mais prenant en même temps le pas sur les langues locales.
Le français devenait langue d’État.
C’est dans ce même contexte qu’ à peine dix ans plus tard du Bellay, s’associant à Ronsard, Jodelle et quelques autres, rédigeait sa « Défense et illustration de la langue française » visant elle aussi à imposer mais également démontrer la supériorité du français tant vers l’extérieur, sur les autres langues d’Europe, que vers l’intérieur et ce que nous appelons aujourd’hui les langues de France.

Visa francophone

Le visa francophone est une vieille idée récemment réintroduite par quelques personnalités, Pouria Amirshahi en 2012, Jacques Attali en 2014 ou encore l’ancien diplomate tunisien Farhat Othman en 2018 ainsi que, de façon plus générale, par le milieu associatif.

L’idée s’appuie sur un triple constat :
des difficultés répétées d’obtention de visas vécues comme un sentiment d’arbitraire et comme la négation même du principe de francophonie, des accords bilatéraux   pré-existants et introduisant certaines facilités de déplacement ainsi qu’ un argument strictement économique visant à favoriser la libre circulation des élites, condition nécessaire au développement.
Pour répondre à la crainte, toujours présente, du risque migratoire, les analystes proposent de n’attribuer ce visa qu’aux seuls citoyens des pays francophones démocratiques ou bien de l’assortir à un niveau de connaissance du français. Propositions non sans lien avec la suggestion de Jacques Attali, plaidant pour des guichets réservés aux francophones dans les aéroports internationaux.
Une autre difficulté étant de déterminer l’autorité habilitée à délivrer ce visa, démarche à laquelle l’OIF pourrait être associée.

L’idée, n’empêche, fait son chemin, à laquelle l’appel pour le « Vivre ensemble », considéré comme l’acte majeur du Sommet d’Erevan, pourrait donner une nouvelle impulsion.

Voir aussi : Amirshahi Pouria (Rapport), Attali (rapport), Espaces linguistiques, Espace économique francophone, francophonie, sommet de la Francophonie

W comme Wuhan

Wuhan (prononcer Wouran), 9 millions d’habitants, ancrée sur le continent, ville de l’intérieur des terres et accessoirement, avec Yantai, l’autre ville « francophone » de l’Empire du milieu.

Pour qui se souvient de Zhou Enlai, c’est presque de l’histoire ancienne, premier ministre de Mao et qui n’oublie pas qu’il a fait ses études en France, l’histoire commence en 1966 avec une coopération franco-chinoise avant l’heure.
Une coopération tout d’abord universitaire qui s’oriente ensuite vers les filières médicales puis, à partir des années 1990, devient économique avec l’installation de PSA qui fait  rapidement de Wuhan son site de production le plus important.
Aujourd’hui, la boucle semble bouclée :
un consulat de France, un jumelage avec la ville de Bordeaux, deux écoles françaises, deux départements de français, un hôpital obéissant à la particularité très notable d’avoir une double signalétique, en mandarin et en français et un nombre incalculable d’entreprises françaises représentant, à en croire les Echos, 40 % des investissements français dans le pays.

Voir aussi : Chine, chaîne chinoise CGTN-Français, Yantai.

X

Y comme Yantai

Yantai

Il n’y a évidemment rien d’innocent dans les relations internationales, domaine dépourvu de tout altruisme et où chacun cultive ses propres intérêts.

Yantai, 7 millions d’habitants, située sur les bords de la mer jaune face à la Corée, n’échappe sans doute pas à la règle.
Et pourtant, au-delà des opérations de communication, toutes bien rodées, il semble qu’on ait affaire, avec Wuhan toutefois, à la plus francophone des villes chinoises, de celles que J. Attali qualifie volontiers de francophiles.
Qu’on en juge : une centaine de sociétés, grands magasins, restaurants, boutiques, un hôpital, deux départements de français, trois bibliothèques pour un fonds atteignant désormais les 1500 titres, en un mot, une présence française bien réelle soutenue tout à la fois par l’initiative privée, l’entreprise, les collectivités (décidément toujours présentes) et un « Cercle Francophone de Yantai » regroupant aujourd’hui plus de 4000 adhérents.

Voir aussi : Chine, chaîne chinoise CGTN-Français, collectivités, Wuhan.

Yaounde

Capitale politique du Cameroun, Yaounde est considérée comme la 6ème plus grande ville francophone du monde avec ses 4 100 000 habitants, le critère d’agglomération (ou unité urbaine) étant ici retenu.
Même si le Cameroun est officiellement bilingue, Yaounde tout comme Douala, la capitale économique, est située dans la partie dite francophone. Le français  y est donc largement majoritaire et de ce fait compris et parlé par plus de 75 % de la population.

Voir aussi : Afrique.

Z comme Zone économique exclusive (ZEE)

Zone économique exclusive (ZEE)

Définie par la convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM) signée à Montego Bay en Jamaïque en 1982, la ZEE est un espace maritime s’étendant jusqu’à 200 nautiques soit 370 km et sur lequel un État exerce des droits souverains en matière d’exploration, exploitation et gestion des ressources naturelles.

Les enjeux sont considérables, une telle surface donnant notamment accès à tous les grands océans et à leurs  ressources, pêche, gisements de pétrole ou de gaz naturel et autres  métaux stratégiques.
Or c’est la France qui, avec ses 11 691 000 km², possède la plus grande Zone économique exclusive du monde devant les États-Unis (11 351 000 km²) et l’Australie (8 148 250 km²). Position  contestée d’ailleurs par les États-Unis  qui n’ont à ce jour pas ratifié la convention de Montego Bay.
Qu’elle soit première ou seconde importe en fait assez peu, le plus surprenant étant peut-être, à l’heure où la mondialisation repose plus que jamais sur les flux maritimes, la relative indifférence  observée  tout comme l’absence de lien établi avec la notion d’espace francophone.

« Il reste (pourtant) deux continents qui vont exploser économiquement, l’Afrique et la mer, et les deux sont majoritairement francophones ».
(Témoignage anonyme d’un ingénieur néerlandais cité dans Le Point, août 2018).

Voir aussi : Espace linguistiques, Espace économique francophone, francophonie.

Droits d’auteur  Yvon Pantalacci 2020 – Reproduction interdite sans autorisation préalable. Vous pouvez ponctuellement reprendre une définition du lexique à condition de citer la source comme suit  : Lexique de La Francophonie en Partage  https://yvon-francophonie.com/lexique-glossaire-francophonie/

Sources et remerciements


Je tiens à remercier  :

  • Laura Ciriani, conseil en communication numérique, sans laquelle je n’aurais probablement ouvert ni ce lexique ni même ce site.
  • Yves Montenay, essayiste et vice-président d’ALF ainsi que Christian Tremblay, président de l’Observatoire européen du plurilinguisme pour leurs sites, leur soutien et leurs conversations très éclairées.

Je me suis par ailleurs appuyé sur les ouvrages suivants :

Ainsi que sur les rapports :

et les sites suivants :

Mes voyages, mes rencontres ainsi qu’ une part de réflexion et de convictions ont fait le reste.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.